‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 168 sur 573 · KEPLER SUR LA REFORME DU CALE.NURIER · texte numérisé non relu

KEPLER SUR LA REFORME DU CALE.NURIER

lité du nouveau système, tout en répétant avec aigreur qu'en l'adoptant, on entendait bien ne faire aucune concession au Pape, auquel on ne reconnaissait pas le droit de prescrire quoi que ce soit à l'Église (';vanj,^clique ^ » Un gentilhomme de Görlitz, Bartliélemi Scultetus, prit, bien que protestant, la défense de la réforme grégorienne, en exprimant le regret qu'une mesure, bonne en ellemême, fût combattue en haine de son auteur 2. Le grand astronome protestant Tycho Brahé se prononça de suite en laveur du calendrier, et le célèbre Jean Kepler, indigné des longues résistances des membres d'Empire protestants, écrivait à son ancien maître Michel Masilin : « Que veut donc la moitié de l'Allemagne ? Combien de temps restera-t-elle séparée de l'autre moitié et de tout le continent européen? Depuis un siècle et demi, la science réclame la correction de la mesure du temps. L'empêchcrons-nous ? Que prétendonsnous donc? Je sais qu'on a présenté de nombreux, projets de réforme, mais celui du Pape est le meilleur. Je pense que nous lui avons répété pendant assez longtemps que nous garderions l'ancien style pour nos fêtes; il serait vraiment temps de l'imiter dans sa réforme. » « N'est-ce pas une honte pour les Allemands d'avoir été les premiers à signaler la nécessité d'une réforme, et, maintenant, de s'en exclure volontairement eux-mêmes-^ ? »

Dans un mémoire consacré à l'examen de la question, Kepler fait remarquer qu'il est juste que la réforme du calendrier vienne du Pape et non de l'Empereur, puisqu'elle devait être adoptée par toutes les nations: « Il n'appartient pas au Pape de prescrire de telles réformes; cependant Sa Majesté Impériale, bien qu'elle ne doive obéissance qu'à Dieu dans toutes les questions temporelles, aurait tort de ne pas lui laisser l'initiative en cette matière, puisque le Pape est écouté dans tous les pays qui ne relèvent pas de l'Empire, et que celte question intéresse toute l'Europe. Les adversaires de la réforme sont eux-mêmes obligés d'avouer que, sans la scission religieuse, le mieux eût été, dans l'intérêt de tous, que le changement s'opérât de par l'autorité du Pape, bien qu'avec la sanction de Sa Majesté l'Empereur ■''■. »

* Stieve, Kalenderstreit, t. XVIII, noie 6. Kaltenbrunxer, p. 523.

- IVALTENBRUNNER, p. 524, HOtC 1.

3 ... « Turpe Germaniie, eum artem corrig-eiidi (l'astronomie) reslaurarit, solain correctioue carere ». J. Kepleri, Opera uinnia, édid. Chr. Frisch, pp. 4, 6, sq. La lettre est datée, « stylo novo, » du 9 avril 1397. Voy. Kalteî<bru>ner, pp. 573, 576 et suiv.

^ Kepleri Opera, t. IV, pp. 58 et suiv. Voy. dialogue dans les œuvres de Kepler et une conversation entre deux catholiques, deux luthériens et un mathématicien impartial (évidemment Kepler;. Cette conversation fait bieu comprendre les motifs qui

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