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LE PEUPLE EXCITÉ A LA RÉVOLTE CONTRE LE CALENDRIER

plus OÙ il en est, où il doit, maintenant, placer son jugement, pour que le Pape ait moins à le redouter et que ses exactions, ses blasphèmes et ses scélératesses durent plus longtemps, et qu'il puisse impunément et librement poursuivre la série de ses forfaits. Que Dieu confonde ce misérable! » C'est ainsi que le prédicant de Saxe fait parler le premier paysan; le second ajoute : « Le Pape, en appelant le nouveau calendrier calendrier perpétuel, fait bien voir qu'il ne croit ni au Jugement, ni à la fin du monde; il semble croire que le Christ lui obéira *. » « L'ancien calendrier est certainement le vrai, puisque les animaux eux-mêmes l'observent. La cigogne règle d'après lui sa venue, et non d'après le nouveau. Les bestiaux, eux aussi, célèbrent la véritable nuit de Noël, et sanctifient la naissance du Sauveur d'après l'ancienne^ et non d'après la nouvelle méthode 2. » Dans une complainte populaire qui date de la même époque, complainte alors très répandue, on Jil :

0 Pape, qu'as-tu osé faire

Avec ton invention impie ?

Tu as confondu tous les temps !

Tu nous as égarés, nous autres pauvres gens !

Nous ne savons plus, maintenant,

Quand nous devons planter ou récolter !

On publia aussi une brochure intitulée : La révolte des femmes contre Je Pape, qui leur a volé dix jours^.

Les excitations venues de la presse ou de la chaire portèrent leur fruit. Dans la basse Autriche et en Styrie, à Augsbourg, Leutkirch, Haguenau, Kaufbeuren, Donawerth, Dinkelsbûbl et ailleurs, le calendrier devint le prétexte de graves désordres 3. En lo83, à

1 Stieve, Kalenderstreit, pp. 60-62. Kaltenbrunxer, Polemik, p. 529.

2 Weller, Annalen, 1. 1, partie 1, nos 3S6-419. Voy. no^ 387-391, et l'appendice t. II. p. 513. Stieve, Kalenderstreif, pp. 91, n^^ 9 et 19, 99, n° 30.

3 Sur ceux d' Augsbourg-, voy. Kaltenbruxner, dans les Mitlheiliingen des Instituts für österreichische Geschichtsforschunc) , t I. pp. 499-540, et **Hir>-, t. II, pp. 131 et suiv. En 158i, le jour de Pâques du nouveau calendrier et celui de l'ancien tombèrent à quatre scmaines'de distance. Alors, à Augsbourg, comme le racontent« les seigneurs curateurs et conseillers » de cette ville, où étaient autorisées les deux religions. 011 avertit les bouchers (probablement, comme le pensent les curateurs, le prédicant Georges Miller) « que ceux d'entr'eux qui tueraient d'après le nouveau calendrier trahiraient Dieu, leur conscience, et la doctrine de la Confession d'Augsbourg; que, par conséquent, ni l'indulgence, ni les encouragements des autorités ne leur pourraient être d'aucune utilité, quand même le pDuvoir civil les aurait autorisés à tuer le jour de Pâques. En vain leur avail-on parlé de paix de religion et déclaré que a leurs jours de fêtes et les 'jours fériés ne seraient changés d'aucune manière par les Eglises Evangéliqucs ; en Aain le pasteur protestant Jacques Riilich, de Heilig-Kreuz, avait-il déclaré aux bouchers les plus considérables d' Augsbourg, que l'affaire du calendrier n'avait rien à faire avec la conscience et la religion, tout cela était inutile. « Jusque-là, les Prolestants d'Augsbourg avaient acheté et

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