POLEMIQUE DU CONVERTI KLEINDIENST
rottes, quels fous, y exercent le ministère ; il sera édifié de la belle régularité de leurs mœurs, de ce qu'ils prêchent, comment et quand; ils admireront la science que ces intrus ont acquise dans la Sainte- Écriture. Si vous désirez faire votre société de joueurs, de ferrailleurs, d'ivrognes, de libertins, vous en trouverez-là tant que vous voudrez. Surcinquante prédicants.on en trouverait à peine un, au plus deux, qui aient jamais étudié pour de bon la grammaire, à plus forte raison la Sainte-Écriture. Le plus beau et le plus fort de l'affaire, c'est que ces vils mercenaires ont la hardiesse, en chaire, de prendre à partie le Pape, l'Empereur, les princes, les seigneurs. Oh ! ce sont d'habiles, d'excellents prédicateurs, dignes d'être les bien-aimés petits poussins des surintendants! » « Dites-moi que je mens, cher seigneur Marbach, et je vous fournirai immédiatement mcspreuves ; je puis nommer les villages et les prédicants. »... « J'ai été autrefois enquêteur; ce que j'ai vu de beau en m'acquittant de mon devoir, je préfère ne pas le redire ici*. »
Le converti Barthélemi Kleindienst, entré à l'âge de cinquante ans dans l'ordre des Frères prêcheurs^ à Augsbourg, s'adresse surtout dans son Exhortation aux Allemands- « aux chrétiens faibles dans la foi, qui n"ont point la pleine vérité, qui vivent dans le doute, se trompent et malgré cela sont bons au fond du cœur ». Sa propre expérience lui avait appris « qu'il y a des gens de très bonne foi dans les sectes, qu'on peut facilement les aider, non seulement à apercevoir, mais à détester « la grossière corde à fou par laquelle l'Allemagne, depuis trente ans, s'est laisséeetse laisse mener tous les jours par le premier extravagant venu ». Dans son livre, d'ailleurs plein de modération, Kleindienst s'élève surtout contre les calomnies dont les sectaires se servent pour rendre les Catholiques odieux. « En vérité, » s'écrie-t-il, « on voit parmi les sectaires des prédicants d'une rare impudence! Ils osent, et cela, selon toute vraisemblance, malgré les reproches de leur conscience, persuader au pauvre peuple que les Catholiques, ou, comme ils nous appellent, les papistes, ne font plus état de Jésus-Christ, adorent les saints, divinisent le Pape; ils soutiennent que nous nous imaginons escalader le ciel par les bonnes œuvres, et que nous nions la nécessité de la grâce; que nous ne croyons pas à la Sainte-Écriture, que nous ne possédons j)as la vraie Bible, ou que noussommeshors d'état
2 ** Ein recht catholisch und evançfelisch Ermanung an seinen lieben Teiitschen, Durch D' Barfholomeum Kleindient von St Annaberg, der heiligen Sc/iriff't Professor. DlWingen, 1560. Sur les éditions postérieures, voj'. Paulus dans les Hist pal II. Blätter, t. CIX (1892), p. 493 Aunot. 4.