‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 181 sur 573 · COMMENT JEAN NAS DEVINT POLEMISTE. 4O · texte numérisé non relu

COMMENT JEAN NAS DEVINT POLEMISTE. 4O

ce que la méchanceté invente contre nous I » « Mais nos adversaires ne sont plus seuls à prêcher sur ce toU; nous leur devenons semblables. Que Dieu nous vienne en aide, car tous nous avons besoin de pénitence et do réforme, de sorte que le mieux serait que chacun balayât devant sa porto, châtiât son propre vice, en laissant les autres contents et tranquilles. Si les Luthériens pensaient ainsi, s'ils aspiraient à la paix chrétienne,ce serait, en vérité;, plus fraternel, plus chrétien, plus évangélique; alors nous porterions les fardeaux les uns des autres, la misère les uns des autres, et nous ôterions mutuellement la paille de notre œil; comme nos chers bons vieux ancêtres allemands, nous serions pacifiques, équitables; nous userions d'indulgence les uns envers les autres, au lieu de nous quereller sans relâche, de nous injurier, de nous battre, sans nous amender d'aucune façon, au grand préjudice de notre nom de chrétien et de la bonne foi allemande*. » « Cependant que devons-nous faire quand pamphlets et libelles pleurent continuellement sur nous et que nos adversaires, pareils à des loups dévorants, se précipitent dans le bercail catholique, ravagent la vigne du Seigneur,, foulent aux pieds tout honneur, toute décence, choisissent de préférence les termes les plus ignobles, les images les plus sales, propageant des gravures infâmes pour nous perdre? En pareil cas, peut-on se tenir tranquille et ne pas se défendre ? Qui oserait accepter une pareille responsabilité? » (( Tous les sermons des prédicants sont lardés de calomnies atroces, et ces malheureux s'imaginent remplir leur devoir, accomplir une œuvre de zèle, faire merveille 2. »

Ce qui avait surtout enflammé le zèle de Kleindienst c'était un livre publié en 1562 et 1504, par Jérôme Rauscher, prédicant du comte palatin à Neubourg, et un autre écrit du même auteur dédié au duc Christophe de Wurtemberg, intitulé : Cent mensonges papistes, dodus, infâmes et répugnants -K Rauscher avait récolté de côté et d'autre toutes sortes de fables et de contes inventés à plaisir; il représentait le Catholicisme comme une idolâtrie manifeste et l'appelait « l'excrément du diable ». v Depuis quarante ans environ, » avait-il écrit, « les papistes n'ont cessé de tenir des assemblées secrètes pour conspirer contre nous, ils ont eu recours à des

1 Centiiria II, Préface, F. 3-4.

* Centuria VI, p. 241 a-b. Voy. Centurla V, p. 1886, etc.

3 Hundert auserwelte, grosse, unverscheinpte, feiste, wohlgemeste, eratanicene papistische Lügen, welche aller Narren Lügen, als des Ealenspiegels, Marcolphi, des Pfaffen von Kaienberg, Fortunati, Rollmagens, etc., weil übertreffen, damit die Papisten die fürnenipten Articket ihrer Lere vertheidigen. die armen Christen aber verblenden und in Abgrund der Höllen verführen, aus ihren eigenen Scribenten zusanimengezoger. und besondere Erinnerung zu Jeglicher gestellt. 1S64.

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