COMMENT JEAN NAS ÉTAIT DEVENU POLÉMISTE
ruses infâmes pour déraciner la pure doctrine de l'Évangile et contraindre les âmes à retomber sous le joug impie de leur idolâtrie. L'un de leurs principaux agonis, c'est Frédéric Staphylus, dans lequel le démon est entré, comme jadis on l'âme de Judas, car Staphylus sort le diable, le voulant, le sachant, et malgré les reproches de sa conscience. » « Il outrage et calomnie la vraie religion, il s'appuie sur les seigneurs temporels restés fidèles au papisme maudit; émissaire du démon, il nous prépare un bain de sang*. » « Les évêques papistes sont les serviteurs du diable; ils accroissent et défendent l'empire de Satan. » « Les Papes romains sont de véritables monstres; leur fin dernière, c'est l'enfer. Le démon, au moyen des papistes impies et des Mahométans, sème ses mensonges par toute la terre, et des multitudes d'âmes sont précipitées par eux dans l'abîme. » « Les couvents de religieuses sont les maisons de prostitution des grands seigneurs, des chanoines et des gentilshommes ; le diable est le père des moines, il leur souffle un esprit de mensonge; les moines vivent sous sa queue; c'est lui qui les conduit, les gouverne, et les entraîne enfin dans l'empire infernal. » Une ancienne légende avait raconté qu'un moine franciscain, ayant été jeté dans la mer par les passagers d'un navire, avait été transporté dans le paradis, qu'Enoch et Élie lui avaient montré le séjour des bienheureux, et qu'ensuite ce moine avait reparu sur le vaisseau. Rauscher, s'emparant de cette légende, affirme que, loin d'être allé en paradis, le franciscain a été conduit dans la plus sombre étoile, dans la montagne de Vénus; que là il a été admis à contempler le d... de Lucifer et que cette contemplation constitue la récompense suprême des moines. « Enoch et Élie, » écrit-il, « n'ont rien eu à faire avec ce maudit. Lucifer, au contraire, Belzébuth et ses compagnons ont sauté de joie à son approche, ravis de voir arriver un tel hôte 2. » Raucher raille surtout saint François d'Assise. Les biographes du saint avaient rapporté qu'il avait voulu mourir dépouillé de ses vêtements, à l'exemple de Jésus-Christ son Maître. Rauscher écrit à ce sujet; « Ce fait n'a rien d'invraisemblable. François avait coutume, quand il allait visiter les sœurs de sainte Claire, d'ôterses vêtements; il priait souvent tout nu. » « A sa mort, il y a eu grand carnaval dans l'enfer; Belzébuth, Lucifer et ses compagnons l'ont reçu avec de grands honneurs, l'ont accueilli dans leur royaume comme un fidèle serviteur, et l'ont mis à la place d'honneur, près de la mère du diable ^... »
* Préface.
2 Pp. 23, 63, 81. 83. 90, 172 et suiv.
^ Pp. 208 et suiv. Le culte catholique était traité de la même manière. «. L'eau bé-