‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 191 sur 573 · CONVERSION DU MARGRAVE JACQURS DE BADE. PISTORIUS · texte numérisé non relu

CONVERSION DU MARGRAVE JACQURS DE BADE. PISTORIUS

mérites de Jésus-Christ. « Je consens à être traité de menteur, » s'écria-t-il, « si je ne le prouve par un canon du Concile de Trente. » « On alla aussitôt chercher le recueil des décrets du Concile, » rap- |)ürte Busäus, « et comme on ne trouva point l'article en question, Andrea fut traité publiquement de menteur*.» Lecolloque ne se termina pas non plus à sa gloire : « Andrea est parti la mine lontrue, » mandait le calviniste David Pareus, professeur de tliéologie à Heidelberg, à l'un de ses amis. Un délégué de l'Électeur palatin, qui avait assisté aux discussions, ne pouvait s'empêcher de louer« le bon sens, la pén('tration et l'éloquence de l'apostat Pistorius^». Andreâcontiaà ce dernier que ce n'était pas de son propre mouvement qu'il avait tant travaillé,jadis, pour faire accepter de tous les protestants le Formulaire de concorde, et que Dieu lui-même ui avait donné la mission de ramener la paix dans l'Église Évangélique. Après le colloque, Pislorius adressa à son adversaire une lettre que le margrave lui-même qualifia de a grossière et de rude ». Andrea, pour toute réponse, se contenta de dire que Pistorius était certainement possédé de plusieurs démons, et qu'il ne faudrait pas s'étonner si la terre s'entr'ouvrait quelque jour pour l'engloutir, comme autrefois elle avait englouti Coré, Dathan et Abyron, tombés tout vivants dans l'enfer, et sur lesquels s'était refermé l'abîme ^.

Le margrave, toujours hésitant et perplexe, convoqua une seconde fois l'année suivante un certain nombre de théologiens protestants et catholiques à Emmendingen, il prit lui-même la présidence de ce nouveau colloque : « Je n'agis que pour la gloire de Dieu, » déclara- t-il à l'ouverture des séances, « j'ai besoin de fortifier et de convaincre ma conscience; je n'ai point d'autre but. » Comme les Protestants avaient refusé de se mesurer une seconde fois avec Pistorius, dont ils avaient appris à connaître l'habileté et la science, ce dernier ne prit aucune part aux disputes théologiques. A sa place, le margrave appela le préHicant de cour Jean Zehender, que Pistorius avait instruit à fond de la doctrine catholique et qui

' Voy. Kleinschmidt, p. 152.

* « Mitto ad te Epistolatn Pistorii Apostatae, qua pro vialico instruxit Schmidlinum Badena ex Colloquio mag;no cum naso discedentem. INIisit lUustriss. Princeps noster Secretarium quemdam, auditorem Colloquii non clam sed consciis Marchionibus, qui efiam ad mensas commode fuif collocatus et excepit colloquentium sermones. Praedicat is Apostatae ingcnium. acumen et facundiam. Schmidlinus concionibus pro more ad coronam agi voluit. Contra apostata syllogistice et brcviter. Sic de modo agendi biduum consumptum est. Schmidlinus inlerrogatus a Rlarchione : Doctene an indocte coram tot doctis... disputare veilet? Respondit : Indocte. Ita re infecta discessum est. » Hummel, Epistolae, I, pp. 2o-26. Ce qui précède concorde de tout point avec ce que dit Busäus, Voy. Kleinschmidt, pp. 149-152.

3 Acta des Colloquii ru Baden (1590), pp. 330, 339, 344, 354-355.

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