MAXIMILIEN DE BAVIERE SUR LA POLÉMIQUE DE VETTER
traités en un seul volume; d'autres les ont réédités dans un format commode, permettant de les mettre sous l'iiabit ou dans la poche, pris ou laissés facilement K »
« Votre Gràce^ » écrivait le duc Maximilien de Bavière le 20 juillet 1600 au comte palatin Louis de Neubourg, « paraît scandalisée du ton et du style de Conrad Andrea ; vous dites que ses petits traités sont remplis de sarcasmes grossiers. Pour notre part, nous le lui pardonnons, puisqu'il n'a fait que les extraire des écrits de Luther. De plus, Conrad Andrccï ne se pose pas en homme vénérable qu'on doive respecter et écouter à l'égal d'un pape, d'un docteur de l'Eglise ou d'un apôtre. Au lieu que Luther, comme nous en avons tant d'exemples, se pose continuellement en prophète, en saint, en homme au-dessus de tous les hommes illuminés de Dieu qui aient été donnés à l'Église depuis plus demilleans. D'après son propre témoignage, c'est un évangéliste, c'est un Apôtre. Après quinze siècles écoulés, il prétend avoir reçu du Saint-Esprit la mission de déraciner les superstitions et les abus. Si réellement il avait reçu de Dieu une mission si sainte, quel homme n'aurait-il pas dû être ? De quelle générosité, de quelles humilité, chasteté, puretéde mœurs, fermeté de doctrine, aurait-il dû nous donner les preuves, pour ne parler même qu'au sens humain? Mais nous savons qu'il a été bien loin d'offrir en sa personne le modèle de toutes ces vertus. Sa manière d'agir, ses fautes sont connues de tout le monde. Si Conrad Andrea voulait se comparer à Luther, il serait aisé de prouver qu'à côté de lui il peut passer pour un grand saint, et mêmepourun savant docteur; personne n'oserait'dire le contraire. » « Que Luther, de temps à autre, ait dit ou enseigné une vérité profonde ; qu'il ait donné quelques bons conseils de morale, les Catholiques le savent si bien que de ses écrits ils ont composé un catéchisme parfaitement orthodoxe, preuve frappante de sa versatilité, de son inconsistance : aujourd'hui il soutient telle opinion, demain telle autre. » « Il serait injuste de reprocher à Andrea de ne pas citer ce que Luther a pu écrire de bon. Les Luthériens lorsqu'ils traitent, sans savoir ce qu'ils disent, de la vie, de la doctrine, delà vocation des Jésuites ont-ils coutume de mêler à leur blâme, à leurs accusations, quelques éloges? Jamais, au grand jamais -! »
' Antwort auf den unschuldigen Luther (161)0), pp. 12-13. - Wolf, Maximilian, t. I, pp. 401-464.