‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 206 sur 573 · l'autonomie d'erste.nblrger · texte numérisé non relu

l'autonomie d'erste.nblrger

passe pour 1res conforme à la paix de religion. Mais qu'un prince ou membre d'Empire calholi(pje, laïque ou ecclésiastique, ait en main le pouvoir ou qu'il hérite de quelque territoire, il ne peut en prendre possession sans promettre de laisser ses sujets dans leur erreur. Il n'a pas le droit de rétablir lancien culte. A lui, le traité d'Augsbourg n'apporte aucun avantage: si par hasard il songe à faire une enquôte, s'il veut éclairer, faire instruire un seul de ses sujets appartenant à la doctrine d'erreur, aussitôt il semble que l'incendie soit dans toutes les maisons, et chacun de s'écrier : Le prince viole la paix de religion ! Il opprime la conscience de ses pauvres sujets, il refuse à son peuple la lumière de l'Évangile et l'aliment de l'âme! Alors, on écrit, on se plaint de tous les côtés. On excite les sujets contre leurs gouvernants, on leur envoie des prédicants, des messagers doucereux, qui les consolent et les excitent. On fournit aux récalcitrants des moyens de se défendre, en un mot, on n'oublie rien de ce qui peut faire obstacle à la religion catholique, et cependant nos adversaires ne veulent pas convenir qu'ils agissent contre la paix de religion, qu'ils prennent parti pour les sujets des autres, les fortifient et les arment contre l'autorité légitime. A leurs yeux, tout ce qu'ils font est juste, inspiré par la charité chrétienne, dicté parla conscience; comme si les Catholiques n'avaient ni charité chrétienne, ni conscience! Mais comment les Gonfessionistes pourraient-ils user de charité, comment agiraientils selon la conscience, puisqu'ils dérobent et détiennent tout ce que la paix de religion a accordé aux Catholiques, puisqu'ils leur refusent ces mêmes droits dont ils jouissent eux mêmes, et dont ilsproclament la sainteté? Mes amis, qui donc parmi vous souffrirait qu'un gouvernement, que même la suprême autorité de l'Empereur, vînt vous imposer un changement de religion? Qui de vous approuverait un prêtre qui oserait exciter vos sujets contre vous, leur prêterait son appui et s'efforcerait de contraindre leur conscience par des paroles de menaces, comme cela se passe si souvent parmi vous? » i< S'il vous paraît si odieux, si intolérable qu'un prince catholique réforme ses sujets égarés, avec quels joie et plaisir pensez-vous que les Catholiques assistent, depuis cinquante ans, à la confiscation de leurs évêchés, abbayes et couvents? N'est-il pas vrai qu'une partie en a été détruite sous leurs yeux, qu'ils les ont vus odieusement profanés, qu'on emploie les revenus ecclésiastiques aux besoins des particuliers, qu'on se moque des prêtres et des religieux, qu'on les bafoue, qu'on les persécute, que souvent on les condamne à la potence, à l'échafaud, et que tout ceci se pratique sans interruption depuis un grand nombre d'années? Est-ce là

CONTRE l'autonomie D ERSTExXBERGER. 47 1

marcher vers une entente cordiale? Dites-nous, que peuvent espérer les Catholiques *? »

Le livre d'Erstenberger ne fut pas réfuté par les Protestants. Ils se contentèrent de le signaler partout comme l'un des plus exécrables écrits de mensonge et d'impudence qui eût jamais été publié contre eux 2. Le prédicant Utzinger l'appelait en 1S88 « un livre scélérat, un livre infâme ». « Son auteur, » disait-il, « caquette comme une oie, jacasse, bave et barbotte dans une eau de lessive dégoûtante-^. » A entendre Domarein de Dissingen, le livre fournissait auxEvangéliques un excellent prétexte pour combattre les nouvelles et abominables hérésies jésuitiques et toute la bande sanguinaire des fils de Loyola. Il publia en 1610 une Courte notice et introduction à l autonomie, où il prétendait que la secte féroce, séditieuse et maudite des Jésuites avait osé, avec son habituelle et perverse malice, exciter de nouveau les esprits par la plume de Burkhard. « Les vampires, » c'est-à-dire les Jésuites, « crient au monde entier qu'on ne doit ni tolérer ni comprendre dans la paix de religion ceux qui abandonnent le Pape et ne sont pas prêts à le soutenir dans toutes ces abominations; qu'il faut sévir contre eux, quels que soient leur rang et leur titre, leur retirer leurs charges, leurs emplois, les extirper, les exterminer radicalement ^. » Domarein séparait en deux camps les amis ou les adversaires de la liberté de conscience dans les siècles passés. Salomon avait été un modèle de tolérance, car il avait épousé un grand nombre de femmes païennes et les avait laissées libres de suivre leur religion; malheureusement, il était venu un moment où son cœur, avili par la volupté, avaitcessé d'appartenir entièrement au Seigneur son Dieu. Le gouvernement des prêtres n'existait pas euisraël. Après Salomon, Jéroboamavaitintroduit leculte duveaud'or; les prêtres, dans cette affaire, s'étaient tu, n'avaient pas osé donner le moindre conseil ; le roi avait seul agi, il avait élu ou destitué les serviteurs des autels; pareille chose s'était passée sous les règnes suivants; tous les rois d'Israël avaient constamment refusé de se laisser gouverner par les prêtres ^.LesÉgypticns, les rois de Perse, les empereurs romains de la Rome païenne avaient toléré à la fois juifs et chrétiens; donc les

^Autonomie, f. SSg^J-SeSa.

2 Lors des négociations relatives au traité de Westphalie, les Protestants se plaignaient encore du mal que leur avait fait VAutonjinie. Y oy . Lipow^ky, Geschichte der Jesuiten in Bayern, 1. I, p. 127, note.

'^ Er inner unr/, etc. F. l-3i». 2.2».

* DojiMAREiN, pp, 8-9, 12, 19,55.

^ DOMMAREIN, pp, 38-39.

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princes catholiques devaient aussi tolérer leurs sujets protestants. Mais que, dans le cas contraire, les Prolestants fussent obligés aux mêmes devoirs envers leurs sujets catholiques, üomarein ne semblait pas l'entrevoir, et ne le disait nulle part. Il représentait le féroce Antiochus comme l'ennemi juré de l'autonomie, comme « le prototype etie précurseur » des Néron, des Domiticn, des Dioclétien jusqu'au momentoij le« véritable représentant du diable, le Pape, comme Luther l'appelle dans sa préface sur le prophète Daniel, » eût pris le suprême pouvoir et qu'il eût chassé, torturé, égorgé et aboli tout ce qui s'opposait à lui*. « Tandis que les Apôtres Pierre, Paul ou Jude exhortaient les peuples à l'obéissance envers les autorites, le pape, le premier,avait prétendu mêler au pouvoir du prince le pouvoir du prêtre, comme l'épicier mêle la crotte de souris au poivre. » Mais, dans ce temps-là, il n'y avait pas encore d'autorité ecclésiastique 2. Justinien, promulgateur de lois contre l'hérésie, avait été le très humble serviteur des prêtres; il s'était laissé mener par sa femme Théodora; d'ailleurs c'était un niais, qui ne savait ni lire ni écrire^. Julien l'Apostat méritait au contraire de grands éloges pour avoir défendu l'autonomie; ce prince avait de grandes vertus, et le ciel avait enrichi son âme de dons précieux ^. Dommarein cite avec éloge les maximes d'Hilaire, de Chrysoslôme, d'Ambroise toutes les fois qu'elles lui paraissent appuyer sa thèse; dans le cas contraire, les Pères de l'Église sont traités de séditieux et de brouillons, et c'est à leurs efforts, à leurs instances qu'il faut attribuer la rigueur de certains édits contre les hérétiques. Surtout le « vieil Ambroise » est criblé d'injures toutes les fois qu'il parle dans le sens du grand « perturbateur des consciences, Burchhardus ^ ».

Un autre « ennemi et calomniateur perfide delà paix de religion, » attaqué, lui aussi, par les Protestants avec une violence passionnée, c'était Jean-Paul Windeck, chanoine de la collégiale de Markdorf, dans l'évêché de Constance. Windeck avait publié sur l'avenir de l'Église un livre dédié à l'archiduc Maximilien^, il avait combattu la prédiction d'un luthérien qui annonçait la ruine prochaine du papisme; il avait réfuté diverses prophéties du même genre, celle, entre autres, d'un calviniste français, affirmant que la doctrine catholique allait être ruinée de fond en comble, et qu'ensuite le

1 Pp. 06-76.

3 Pp. 223-22 i.

* Pp. 213-214.

^ Pp. 216-217, 233-23i.

s Pi'orjnosticon futui'i status Ecclesiae, etc. Voy. le titre complet dans Stieve, Die Politik Bayerns, t. II, p. 700^ note 2. Windeck n'clait pas jésuite.

Calvinisme triompherait, et deviendrait la religion universelle^. Georges Gäsius, curé protestant de Burgbernheim, prétendait aussi, dans son Pronostic astrologique, dédié au margrave Georges Frédéric d'Ansbach, avoir lu dans les astres qu'en 1Ö98 et 1399 on assisterait à « de grands et merveilleux changements » ; que des guerres désastreuses éclateraient, que plusieurs grands chefs ecclésiastiques et temporels seraient emprisonnés ou mis à mort, mais que cependant tout finirait bien, et qu'en 1398 la vraie foi serait partout triomphante. Deux éclipses étaient annoncées pour le mois de février suivant. Or Hermès ou Mercurius Trismegisticus, le philosophe égyptien, le prêtre-roi, qui était peut-être, comme le supposait le très digne et très savant Bundig dans sa Chronologie, le patriarche Joseph lui-même, le propre fils de Jacob, avait prédit, dixsept cents ans avant Jésus-Christ, que lorsque^deux éclipses seraient annoncées pour le même mois, de grandes calamités fondraient coup sur coup sur le monde. L'éclipsé concernait la religion ; elle précéderait la ruine du siège apostolique et des évèques romains. De plus, la conjonction de Saturne et de Mars, dans le troisième signe de la Balance, au mois d'août, ne présageait rien de bon pour la Maison d'Autriche, quand bien même les Turcs ne viendraient pas aux portes de Yienen. Cäsius mettait au même rang le papisme et le Mahométisme; il espérait voir s'accomplir les prédictions d'Antoine Torquatus et d'autres « savants « d'après lesquelles les Mahométans et la secte antichrétienne, qui avaient commencé ensemble mille ans auparavant, cesseraient enfin de désoler la terre 2. Dans sa Cabale allemande, dédiée au même margrave, il avait, dix ans auparavant, félicité les princes protestants au sujet de l'heureuse conjonction des astres. « En un si favorable instant, » avait-il-dit, « nos potentats chrétiens doivent s'unir avec plus d'allégresse que jamais pour abaisser la puissance du Pape; ils doivent méditer le conseil que Luther leur adresse dans son petit livre contre la Papauté romaine fondée par le diable, traité composé par lui peu de temps avant sa mort. » « Voilà le procédé ordinaire des prédicants! » disait, en citant ce passage, le jésuite Georges Sherer; « ils observent les étoiles, puis, sur ce qu'ils prétendent y lire, ils osent conseiller aux princes pacifiques de prendre les armes contre nous. Car à quoi Luther exhorte-t-il les princes dans le petit livre que vante Cäsius ? A écraser les papistes, à faire pendre, noyer, brûler et martyriser les Catholiques ! Yoilà ce que Cäsius regarde comme le devoir des princes ; et d'après les signes qu'il aperçoit

' Voy. Epistùla dedicatoria.

- Profjnosticon aslrolo^icum, oder Teutsche Practick, î. B i A"-a4. G. 4. E. 2".

dans le firmament, il n'hésite pas à leur promettre la victoire et toutes sortes de prospérités temporelles ^ ».

A tous ces pronostics, Windeck en opposait un autre, d'après lequel, et fatalement, le Protestantisme, divisé en tant de sectes, devait, tôt ou tard, par une inéluctable loi, se dissoudre de lui-même, landisquela Papauté, fondée par le Christ, triompherait, et durerait jusqu'à la fin du monde. Les controversistes protestants avaient renseigné leurs lecteurs sur des signes terribles de la colère divine qui s'étaient manifestés aux derniers instants d'un grand nombre de papistes endurcis-, ils avaient raconté comment, avant de rendre l'âme, les malheureux étaient tombés dans le désespoir, et comment plusieurs d'entre eux avaient même été entraînés dans l'enfer par le diable -. A son tour, Windeck racontait la fin épouvantable de plusieurs prédicants, princes ou seigneurs sectaires. Pour répoudre aux attaques des Protestants sur les mœurs du clergé catholique, il s'étendait sur les vices honteux des membres de la nouvelle Église. Il approuvait l'emploi des châtiments les plus rigoureux, même de la peine capitale pour tenir les sectes pernicieuses en dehors des territoires catholiques^ où pour les extirper là où cllesauraient déjà pénétré. «Semontrer cruel, »affirmait-il, «c'est faire preuve de la plus haute piété. » Cependant il conseillait d'user d'aboid d'indulgence et de douceur, cette voie étant, à son avis, la meilleure et la plus sûre ^. 11 assurait ne vouloir en rien attaquer les princes et les autorités protestantes, et cependant, en plusieurs endroits de son livre, il parlait fort irrévérencieusement de la paix de religion, et de certains passages on pouvait conclure qu'il ne la regardait plus comme valide depuis le Concile de Trente^

(f Le livre de Windeck, » écrivait quelque temps après un auteur catholique, « a été une bonne aubaine pour les prédicants et les membres d'Empire protestants. Depuis lors, à toute occasion, pendant les Diètes et ailleurs, on les a entendus s'écrier : « Lisez Windeck! Voyez, voyez ce que les papistes portent dans leur écusson sanglant I ils veulent nous expulser de l'Empire, nous, nos femmes et nos enfants, nous voir disparaître, nous massacrer! » Que les prédicants fassent un si grand vacarme au sujet de ce petit livre, je ne m'en étonne pas, car le mensonge est l'occupation journalière de la plu-

' ScHERER, Verantwortung, etc., dans l'édition de Munich, t. I, p. 420.

- Voy. plus haut, chapitre IV.

3 SïiEVE.t. II, pp. 7 00-104. P. 236, "NVindeck dit : « Si haereses iam radiées crissent, severa et iutempestiva horum mandatorum execulio hello civili atque turbis longe gravissimis viam patefaceret. Qua in re caute agendum et non lemere deccrnendum. Omnia euim benignitale prius quam armis sapienlem cxperiri decet. «

« Yoy. Stieve, t. II, p. 703.

p<irt d'entre eux; mais quand j'entends les princes tenir le même langage, je suis obligé d'en conclure qu'ils n'ont jamais lu Windeck, car bien qu'il ait des paroles mordantes poar défendre les anciennes lois traditionnelles, sanctionnées par tant d'Empereurs , qui oserait soutenir que ce dont on l'accuse se trouve réellement dans son ouvrage ^? Mais quand même on y découvrirait des passages répréhensibles, l'indignation des princes protestants serait encore singulière, quand on songe à tant d'écrits, presque tous dédiés à ces mêmes princes, publiés autrefois ou aujourd'hui, et dans lesquels l'extirpation radicale de notre religion est réclamée, el présentée comme de commandement divin?»

En même temps que le Pronostic de Windeck paraissait à Munster,' h Réveil desprêires. L'auteur de cet écritsoutenaitque lesProtestants n'avaient aucun droit aux charges et revenus ecclésiastiques, qu'il fallait, par conséquent, les leur enlever, et que c'était aux seuls princes de l'Eglise qu'il appartenait de contraindre leurs sujets à conserver ou à adopter la vraie religion ; les hérétiques ne devaient pas être tolérés, mais au contraire persécutés par tous les moyens possibles. La paix de religion, comme Eder cl Erslenlberger l'avaient démontré, n'avait trait qu'à la paix politique; encore pouvait on dire que, môme ainsi limitée, elle était impie, abominable, et méritait d'être abolie, à cause de l'incompatibilité irréconciliable qui existe entre la vérité et l'erreur. On avait vu, dans les siècles passés, le triomphedel'arianisme, l'apostasie d'un grand nombre d'évêques ; cependant ni le Pape, ni l'Empereur ne s'étaient jamais laissé effrayer; ils avaient exposé leur vie, leurs biens, leur réputation pour la destruction de l'hérésie et la défense de la foi. Les hauts dignitaires temporels et spirituels devaient suivre cet exemple. Un polémiste protestant, réfutant ce livre, refusait, au contraire^ aux papistes « idolâtres et hérétiques» tout droit aux charges et aux revenus ecclésiastiques 2.

En 1614, l'Électeur palatin se plaignait encore à l'Électeur de Mayence du Réveil et du Pronostic. Selon lui, ces écrits faisaient clairement comprendre comment les sectaires seraient traités le jour où les papistes seraient les maîtres. L'Électeur de Mayence répondit que les pamphlets le laissaient toujours fort indifférent, et que, d'ailleurs, ils avaient été provoqués par des écrits tout semblables, venus de l'autre côlé 3.

Le converti Gaspard Schoppo, conseiller influent de l'archiduc

' Von üblen Nachreden, etc., p. 4.

- SiiEVE, Die Polilick Bayerns, t. II, pp. G9i-09o. Voy. Do.mmarei.n, pp. 16-17»

^ Sexkeäbeiiü, t. XXIII, pp. 117-715.

Ferdinand de Styric S voulut examiner de près la valeur des reproches adressés aux controversistes catholiques relativement à la paix de religion. « Les prédicants, )) écrivait-il, « accusent les nôtres d'attaquer letraité d'Augsbourg. Ils prétendent que l'Empereur et les membres d'Empire catholiques annoncent aussi l'intention de ne pas le maintenir d'avantage, et se regardent comme déliés de la parole donnée aux hérétiques. S'il en était ainsi, si l'Empereur et les membres d'Empire catholiques approuvaient et toléraient de telles doctrines, j'avoue que les princes et seigneurs protestants auraient raison de ne plus vouloir se lier à notre parole, de faire attention à leur jeu, et de se diriger d'après cette très sage maxime; mieux vaut prévenir que d'être prévenu. Mais si nos écrivains, loin de penser ainsi, conseillent aux Électeurs, aux princes, aux membres d'Empire de leur parti, de maintenir strictement la paix, il faut convenir que les menteurs et calomniateurs qui jettent à dessein l'alarme méritent un châtiment sévère pour l'exemple des autres, car ce sont des séditieux des perturbateurs du repos public. La question vaut la peine que les princes et seigneurs, catholiques ou protestants^ l'examinent à fond, afin qu'après une enquête sérieuse ils soient en état de discerner la vérité -. » Pour les y aider, Schoppe cite de nombreux passages des auteurs incriminés, et il en tire la preuve qu'Edcr , Lorichius et Erstenberger voulaient que la paix de religion lût fidèlement observée. « Windeck lui-même, » écrit-il, (^ s'est borné à dire (page 333) que pour les pays où la nouvelle religion n'a pas encore pénétré, il voudrait une exception, et que l'autorité eût le droit de ne pas tolérer les sectaires. Mais là oià elle est déjà enracinée, et là où elle est tolérée par les gouvernants, il dit que, de l'avis de tous les gens sensés, le mieux est de laisser croitrel'ivraie en même temps que lebon grain, de peur que toutes ler^ semences ne périssent ensemble, c'est-à-dire qu'il n'advienne malheur à tous les bons chrétiens. »Schoppe prend ensuite la défense des Jésuites allemands : « Jamais, » dit-il, « ils n'ont conseillé à l'Empereur ni aux membres d'Empire catholiques de regarder la paix de religion comme non avenue ^. »

1 Voy. KowALLECK, pp. 42o et suiv.

° ScHOi'PE (il écrivait sous le pseudonyme d'UngersdorfF), pp. 41-42.

3 ÜAüERSDORFF, pp. 42-73, 74-83. Le chaucelier et chanoine Conrad Braun fut accusé, lui aussi, par un calviniste d'avoir, dans un livre sur les hérétiques où il avait traité avec détail la question de la paix de religion, affirmé « qu'à coup sûr on ne devait pas considérer le traité comme non avena, mais qu'on ne pourrait sans quelque injustice appeler violateurs delà paix des Catholiques qui auraient agi contre lui. » tjchoppe repoussa cette accusation par le fait que le livre cité par Brauu avait été publié à Mayencc eu 1548, c'est-à-dire sept ans avant la paix de religion.

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