EST-ON OBI.TGK DR TENIR PAROLKS AUX HÉRÉTIQUES
pire romain de nation germanique, les lois édictées à cet égard n'ont jamais été mises en vigueur, mémo contre les hérétiques les plus dangereux, les plus obstinés, et la paix d'Augsbourg a déclaré que personne, pour cause de religion, ne serait inquiété ni puni dans son honneur, sa personne, ses biens, ou d'une façon quelconque. » (( Le Pape lui-même, qui tient son pouvoir de Dieu pour édifier et non pour détruire l'Église, ne pourrait abolir la paix de religion, parce qu'il s'en suivrait de grandes calamités et des désordres très graves, et jusqu'à présent, depuis la signature [.du traité, il n'a jamais manqué d'envoyer à toutes nos Diètes ses légats et ses nonces. Bien qu'à Rome on soit instruit de tous les articles de la paix, on n'a jamais entendu dire que le Pape ait donné sujet de faire supposer qu'il ait jamais mis en doute la validité du contrat ». « Je nej doute pas, » continuait Rosefius, « que le pieux Empereur et les princes de religion catholique n'agissent en ces questions eu parfait accord avec Sa Sainteté, et n'aientmis leur conscience en pleinel sécurité sur ce point. Et maintenant, après la fable inventée parj Osiander, voilà les pauvres Jésuites qui entrent en scène! A l'ei croire, en dépit du Pape, de l'Empereur, du roi, des princes et d« seigneurs, les Jésuites sont décidés à abolir la paix! Quel homme sensé pourrait ajouter foi à un mensonge semblable? Honte à toijj scribe menteur ^ ! »
Le jésuite Georges Scherer était, lui aussi, fermement convaincu que personne n'avait le droit d'attenter à la paix jurée. Prêchant à Vienne en lo95, il avait dit : « Nous sommes obligés de tenir notre parole et d'être fidèles à notre serment, inviolablement et loyalement, non seulement envers nos amis et nos coreligionnaires, mais encore envers ceux qui ne partagent pas notre foi. Celui qui manque à sa promesse souille sa conscience, et doit être tenu pour un homme sans honneur "^. »
Le Père Martin Bécanus qui, pendant vingt-deux ans, avait professé la théologie aux Universités de Mayence et de Vienne et jouissait auprès des Catholiques de la même considération que Rosen-
1 Rosenbusch, Déclaration der untüchtigen und nnwalirliafligen Abfertigung Osiander, pp. 87-97. Stieve [Ursprung, p. :262) démontre que non seulement les Jésuites, mais beaucoup d'hommes d'État catholiques étaient convaincus que le Pape avait eu connaissance du traité de paix d'Ausbourg avant même qu'il n'eût été signé. D'après un mémoire adressé au duc Albert de Bavière par le nonce Delfino (et cité par Stieve) Grégoire XllI, pour empêcher « l'affranchissement désirait, que la paix de religion fût confirmée. »Voy. Stieve, p. 190, remarque 2.
- Die zwölfte Predigt wider Machomet und sein Alcoran. Œuvres de Scherer> éd. de Munich, t. Il, pp. 291 et suiv.