‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 209 sur 573 · EST-OX OBLIGÉ DE TENIR PAROLE AUX HÉRÉTIQUES · texte numérisé non relu

EST-OX OBLIGÉ DE TENIR PAROLE AUX HÉRÉTIQUES

busch et que Schorer, pensait absolutneiit comme eux sur cette question. « Les politiciens de notre temps, » disait-il, « sont unanimes à penser qu'il est permis de violer une promesse et même un serment, toutes les fois qu'un intérêt grave le réclame i ; mais l'Église Catholique enseigne tout autrement. Elle dit : La promesse que tu as donnée, tu es obligé de la tenir loyalement. Prétendre que les Catholiques enseignent qu'envers les hérétiques on n'est pas tenu de remplir un engagement, c'est faire un vil mensonge 2. » Dans son traité sur la fidélité qu'on doit aux hérétiques, Becanus écrivait : (.< Si tu conclus un traité, si tu fais un marché quelconque avec un hérétique, tu es obligé de remplir loyalement, intégralement envers lui les engagements que tu as contractés, tout aussi bien que lu le devrais faire envers un catholique, car en aucun cas il n'est permis de mentir; jamais on ne peut commettre une injustice, jamais un parjure. En fait, si tu trouves que tu peux manquer à ta parole parce qu'il s'agit d'un hérétique, il te faut, aussi, pour être logique, déclarer que tu peux tuer un hérétique, le dépouiller, le haïr : tout cela choque le bon sens, tout cela est opposé à la loi de Dieu ^. >» c Si la Sainte-Écriture nous fait un devoir de tenir notre parole envers les infidèles et les idolâtres, combien plus envers les hérétiques *! » Citant plusieurs exemples à l'appui de ce qu'il enseigne, Bécanus démontrait que si l'on est obligé de tenir parole à ceux qui ont encouru la peine du ban ; que si, lorsqu'on a contracté mariage avec un hérétique, on doit être fidèle à la foi donnée, de même, quand il s'agit d'un traité, d'un sauf-conduit, le strict devoir est de tenir parole, et à ce propos il rappelle, en la louant, la conduite de Charles-Quint, qui, lors de la Diète de Worms, se montra digne de son nom en accordant à Luther le sauf-conduit qui lui avait été garanti ^. Le plus important chapitre du traité de Bécanus est intitulé : Doit on tenir parole aux hérétiques quand il s'agit de la liberté de conscience ? L'auteur commence par rappeler que Jésus-Christ n'a donné à l'humanité qu'une foi, qu'une Église, qu'un pasteur suprême. Il dit combien la diversité de religions dans un même État est chose dangereuse, et quel trouble profond elle jette dans la vie des citoyens. Il le prouve par l'histoire des Douatistes, des Iconoclastes, des Albigeois, des

* Opuscula theologica, t. I, 1.

^ Opusc. theol., t. I, 4''-.o«.

3 De fuie hnereticis servanda. Opusc. l/ieol.. t. I, pp. 1-79. La préface du second volume est datée du 16 janv. 1610 **. Voj-. aussi sur Becan, Duhr, Jesuitenfabeln pp. 3 et suiv.

* Pp. 35-39.

» Pp. 46-49, 58-68.

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