‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 212 sur 573 · SUR LE CHATIMENT DE L HERESIE · texte numérisé non relu

SUR LE CHATIMENT DE L HERESIE

user de sévérité envers les liérétiques. Jean Monlieira, régent du collège de Düsseldorf, ayant publié, pour les quatrième et cinquième classes, un catéchismeoù, sous une apparence d'orthodoxie, il avait tenté d'introduire les doctrines de Calvin S la Censure de Cologne-, rédigée par les Pères, réfuta l'ouvrage avec une telle violence que tous en furent en grand émoi, et que l'article devint le point de départ d'une polémique ardente. Les Jésuites de Cologne soutinrent à cette occasion que le souverain est obligé de sévir contre « les sectaires obstinés et pleins de haine », qu'il faut les traiter comme on traite les voleurs et les assassins, et qu'ils méritent d'être châtiés plus rigoureusement encore, puisque les assassins ne nuisent qu'au corps, au lieu que les fauteurs d'hérésie précipitent lésâmes dans l'éternelle perdition 3. Aussi conseillaient-ils aux princes catholiques de chasserde leurs domaines « les luups et les renards qui ravageaient la vigne du Seigneur,» de déjouer leurs complots par des édits sévères, et, dans le cas où il n'y aurait point d'autre moyen de salut, de faire exécuter ces maudits*.« Si Luther avait été brûlé vif ou décapité, il y a de cela quarante ans, » écrivaient-ils, « si plusieurs de ses pareils avaient subi le même sort, nous n'aurions pas aujourd'hui tant de scandales à déplorer, et jamais on n'aurait vu parmi nous celte multitude de sectes qui troublent le monde ^. »

« 0 princes, ô seigneurs, »s'écriaiten 1570 iechanoinede Munich, Dobereiner, « en épargnant les hérétiques, vous ne faites pas œuvre de miséricorde ou de charité, vous êtes, au contraire, cruels plus qu'on ne saurait dire, car vous laissez libres et impunis des hommes qui plus tard pervertiront des milliers d'àmes ^. »

Le théologien André Fabricius, précepteur du duc Ernest de Bavière, exprime les mêmes opmions dans un ouvrage sur la Confession d'Augsbourg dédié aux ducs Albert et Ernest. Il exhorte l'Empereur et, les princes catholiques à se servir du glaive qui leur

' Catechismus, in quo christuinae relujionis elemenla sincère explicantur. Düsseldorf, 1560.

' Censura et docta eccpHcafio errorum catechismi J. Monhemii, etc. Coloaiae, 1560. Voy. Stuîve, Die Politick Baijerns. t. II, p. 6fl8. note i. L'ouvraçe, dédié au duc Guillaume, n'était pas destiné au grand public, ni à la jeunesse studieuse, mais aux hommes de science et de gouvernement.

' Censura, 130-138.

* Censura, 3H-3I7.

^ Censura, 136. Le zèle'des censeurs de Cologne ne se restreignait pas à leurs adversaires religieux. Les potentats catholiques, ecclésiastiques et temporels, durent entendre plus d'une fois leurs graves avertissements : « Pour l'entretieu de nombreux serviteurs, de chevaux et de chiens, de grandes sommes sont dépensées; les écoles, au contraire sont négligées. Pour les pauvres, on fait peu, pour ne pas dire on ne fait lien. » etc. Voy pp. 138-141, 313-315.

•> Der Ualuinislen Kehrab (Munich, 1570J, f. 65».

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