SUR LE CHATIMENT DES HKRETIQUF.S
a été confié pour la défense de l'Église et lexécution des décrets du Concile '. Deux ans plus tard, les mêmes conseils sont donnés aux princes par le juriste de Salzbourg, Jean Fiçkler : ce C'est un des principaux devoirs des autorités, » dit-il, « d'employer tous les moyens à leur disposition pour maintenir leurs sujets dans la foi catholique; en cas de nécessité, ils doivent se défaire des hérétiques par le glaive et le bûcher, car le nouvel Évangile tant vanté n'cstautrc chose qu'un manteau commode pour couvrir la rébellion, le parjure, la félonie. Les hérétiques falsifient les Saintes-Écritures; ils en corrompent le sens à leur guise, et chacun d'eux la comprend et l'interprète selon l'inspiration de sa propre malice. Quelqu'un estil entraîné vers l'adultère, il explique aussitôt un verset de la Sainte Écriture dans un sens qui excuse et colore son crime; quelqu'un mène-t-il la vie de l'enfant prodigue, aime-t-il avec excès la bonne clièreoulevin,passe-t-il le jour et la nuit dans la débauche, mépriset-il le jeûne et la continence, il trouve aussitôt do bons compères pour luiassurerque tout cela est permis, que rien de ce ([u'on porte à la bouche ne peut souiller l'àme; qu'on peut abandonner le jeime et vivre dans le débauche le cœur en paix. Quelqu'un est-il tenté de mettre la main sur le bien d'autrui? De bons évangéliques l'approuvent en citant la SainteÉcriture. Si quelque brouillon trouble l'ordre ou fomente l'émeute, excite les sujets contre l'autorité civile ou ecclésiastique, il n'a qu'à interroger les maîtres sectaires, ils loueront, ils soutiendront ses desseins impies la Bible en main, et il en est de même pour tous les vices et tous les dérèglements ; non seulement les sectaires n'ont pas le courage de les flétrir, mais au contraire ils les approuvent, ils les louent ^. » En 1388, Pierre Muchitsch. prévôt de Pöllau, en Styrie, dans un ouvrage contre les théologiens du Wurtemberg, disait, après avoir rappelé que la Confession d'Augsbourg avait été condamnée par les plus hautes autorités spirituelles et temporelles : « Que peut-on demander ou désirer de plus? Uniquement ceci : Que les prédicants, puisqu'ils sont condamnés et jugés, soient conduits au bûcher, eux et leur Confession. »En présentant son livre à l'archiduc Ferdinand, l'auteur l'avaitsuppliéde commencer « dès sa tendre jeunesse à traiter comme ses ennemis personnels les ennemis de Dieu, de sa sainte parole et de la seule religion véritable, c'est-à-dire de l'Eglise Catholique romaine ». « Ces enne-
1 Stieve, Die Politik Bayerns, t. II, p. 507, note 3. Voy. Nothwendige Besichtigung der hessischen Theologen, p. 51fl.
- Theologia juridlca (1575). Voy. Stieve, Ursprung, pp. 61, 62. Die Politik Bayerns, t. II, p. 607, note 4. Traduit en allemand sous le titre de Richtschnur rechter Lehr. (1397), f. 2, 3i>-F».