LES LUTHERIENS CONTRE LES CALVINISTES
veau, ils font venir des harpistes, des flûtistes, Ils s'embarrassent peu de faire les œuvres du Seigneur. Leurs prédicants sont comme eux noyés dans le vin, et souvent tellement sôuls qu'ils trébuclient dans les rues et ne sauraient se tenir debout. » « Dans la salle où ils se tiennent, autour de leurs tables on ne voit qu'ordures et que crachats. » « Ils racontent en chaire la manière dont ils se sôulcnt et se livrent à la débauche; et ce sont ces gens-là, ces esprits d'erreur et de mensonge, qui sont maintenant les guides spirituels du peuple allemand ! » L'auteur conclut parun cantique surles périls auxquels est exposée la frêle barque de l'Église chrétienne que Satan s'efforce de faire chavirer *.
Georges Altenralh, dansle Catéchisme uhiquiste, crut avoir porté le dernier coup à l'ubiquité, « venue du Wurtemberg, 'et approuvée par le Formulaire de Concorde ». Altenrath citait les étranges assertions des théologiens ubiquistes, et se flattait d'avoir convaincu tout le monde de la grossièreté et de l'abomination de leur doctrine. Il citait ce qu'avait écrit et prêché sur ce sujet le prédicaut wurtembergeois Jean Parcimonius : « Le corps de Jésus- Christ est partout; il se mêle à toute créature; uon seulement il est dans le pain et le vin de la Cène, mais aussi dans les morceaux de bois, les pierres; dans l'air, le feu, l'eau; dans les pommes, les poires, le fromage, la bière ». Altenrath cite encore ce qu'avait écrit Luc Oslander en 1581 : « Bien que le Corps de Jésus-Christ soit partout, dans tous les gobelets ou pots d'étain des auberges, cependant on ne peut pas le manger, ie boire ou le saisir de ses mains; mais on pourrait bien l'éplucher, le détortiller, de façon à conserver l'écorce et non lenoyau. »Puis viennent d'autres citations empruntées aux sermons de Simon Paulus, de Rostock, lequel avait dit, en commentant l'évangile du lundi de Pâques : « Christest un merveilleux Protée; il se déguise sous toutes les formes imaginables; il est à chacun ce que chacun désire qu'il soit, et^ce pourquoi il le tient. » « Des gens solidement instruits, qui vivent encore, » disait Altenratb, « racontent que du temps où ils étudiaient àTubingueilsont entendu dire en public au docteur Jean Brenz, fils du vieux Brenz : «Dans cette chaire, (il la frappait de sa main) le corps de Jésus -Christ est présent. » « Jacques Andrea, le principal auteur du Formulaire de Concorde, s'est attaché à prouver, d'après Luther, l'ubiquité du corps du Christ dans toutes les canettes de bière, gobelets, cordes de pendu, etc. '2. »
' Kläff liehe Supplication an Christus Jesus (1601), pp. 17-22, 32,35 et suiv. 46. 57, 80 et suiv., 373.
- Altenrath, pp. 9-17. Voy. Reformationswerk in Karbrandenburff, pp. 206 207. « L'opinion autrefois soutenue par Andréa contre Beze,el déjà définitivement