‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 232 sur 573 · LUTHERIENS CONTRE CALVINISTES · texte numérisé non relu

LUTHERIENS CONTRE CALVINISTES

« On nous traite de faux docteurs, d'hérétiques, d'excommuniés à cause de l'ubiquité, » ripostait Andréa ; « il est vrai que la présence du Christ, en tant qu'homme, dans toutes les créatures, est un article de foi ; mais nous enseignons qu'il n'y est que d'une manière toute spirituelle, et non pas comme si, dans toutes les créatures, il était présent en chair et en os, avec ses mains ou ses jambes, comme la paille dans le sac ou le pain dans la corbeille. Une telle doctrine nous ferait horreur, nous l'attribuer, c'est une calomnie satanique, forgée par nos ennemis. » « Par là ils veulent nous faire détester non seulement des savants, mais aussi des gens simples. Grâce à eux, on a entendu des servantes se dire les unes aux autres : « Prends bien garde lorsque tu fauches l'herbe de couper la tête du Christ, puisque le corpsdu Christ est présent dans toutes les herbes, comme Luther l'enseigne. * )) « L'esprit calviniste c'est l'esprit de Satan 2. » « Andrea, » écrivait le comte palatin Jean- Casimir en 1589, « déclare à tous ceux qui ne se soumettent pas à son exécrable doctrine de l'ubiquité, (ju'il les regarde comme appartenant déjà au diable 1. »

Si les Calvinistes s'ellorçaient de rendre odieuses les doctrines des Luthériens, ceux-ci, à leur tour, rivalisaient de zèle pour éclairer leurs lecteurs et auditeurs sur les véritables principes de Calvin, principalement sur la prédestination et la Gène. Dans un écrit intitulé : Esprit de verlige 'des prédicants calvinistes, Samuel Huber mettait au nombre des dogmes les plus importantsdes sectaires l'aflirmation que Jésus-Christ n'est pas mort pour tous les hommes, mais seulement pour quelques élus, et qu'il n'a créé la plupart d'entre nous que pour l'opprobre, le désespoir, les tourments et la

abandonnée, d'une o/Knj/j/'aeseAi//a actuelle, substantielle et toute puissante de l'humanité de Jésus-Christ dans un état d'abaissement, fut soutenue par les théologiens de Tubingue ».ditTlioluck, « avec une ténacité qui ne reculait pas devant les conséquences les plus extrêmes, et voulait que l'humanité de Jésus-Christ fût présente non seulement dans le sein de sa Mère la Vierge Marie, mais encore dans le sein de toutes les vierges, de tous les hommes, femmes et enfants, et cela non pas, il est vrai, localiter, mais illocaliter, et que la substance du corps de Jésus-Christ fût présente indistanler dans toutes les créatures, et même dans sa propre âme au paradis. » Voy. Tholuck, Geist der Theol. Wiltenbergs, p. 14. Sur la dispute des théologiens de Wurtemberg avec ceux d'Helmstadt au sujet de l'ubiquité, voy. la listedes ouvrages publiés sur ce sujet depuis 1285, dans Walch, Elnleitiinrj, t. IV, pp. 6t) et suiv. Dans cette querelle, le professeur d'Helmstadt, Daniel Hofmann, se distingua tout particulièrement par l'ardeur de son zèle. Voy. Walch, t. IV^, pp. 507 et suiv.

' Bericht von der Ubiquität (1589), f. B» G. .3a. A propos des disputes sur l'ubiquité un autour anonyme de Wittenberg dit très bien dans une lettre datée de 1576 : « Ecce jam apparent verae controversiae, quarum nfOitpict; tantum quaedam fuit illa de coena Domini ». Voy. Niederer, t. I, p. 471.

- Buttiiighausen, t. II, pp. 68-69, 72. Voy. t. I, pp. 373-376.

^ Antwort auf die Protestation eines grimmigen Calvinisten (1589), p. 2.

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