LES CALVINISTES SUR LE CHRIST LUTIIKRIF.N ET LA SAINTE CÈNE
mort éternelle. « Dieu trouve sa joie à agir ainsi, selon les Calvinistes; il n'a jamais voulu que ces âmes parvinssent au salut; il les tire comme avec des cordes et des iicelles cachées pour qu'elles tombent comme malgré elles dans lahime du péché, de là dans la mort, el nécessairement dans l'éternel malheur. » « Tel est l'enseignement de Théodore de Bèze, de David Fareus, de Georges Spindler et de beaucoup d'autres ; telle est surtout la doctrine de Tossanus de Heidelberg, ce brandon de discorde, cet es])rit de mensonge. Or ce dogme^ et beaucoup d'autres que je pourrais citer, sont comme des flammes horribles échappées de l'enfer, et je les ai extraites de vos livres, 6 Calvinistes, je les ai tirées de votre propre gorge, je les ai reproduites sans rien craindre, et vous ne les pouvez renier, puisqu'elles éclatent au soleil de midi. Coni'essez toute cette abomination, dites comment vous osez nier l'efiicacilé du sang de Jésus-Christ pour la plus grande partie de l'humanité ! J'ai révélé vos mensonges, je les ai réfutés, et Dieu a déjà brisé les dents avec lesquelles vous cherchiez, dans votre délire, à détruire la vertu toute puissante de la passion de son Fils unique par les mensonges de vos lèvres blasphématrices M »
« Pour les Calvinistes; » disait lluber dans un écrit postérieur, a l'Ecriture-Sainle est une cornemuse sur laquelle ils chantent, accordent et instrumentent à leur guise. On en viendra facilement, avec ce système de continuelle transposition, à faire de l'Ancien Testament un alcoran, et de l'alcoran un JNouveau Testament -. ■» Du côté calviniste, on répondait: « Depuis que l'Eglise chrétienne existe, aucun hérétique n'a eu l'audace de falsifier, de déchirer, de défigurer la Sainte -Ecriture comme l'ont fait les Luthériens, qui cependant se donnent pour les vrais prophètes du Seigneur ; ils passent leur vie à troubler et à égarer l'esprit des crédules, surtout avec leur cène de cannibales; car cette cène vient tout aussi bien de l'enfer que l'ordure des hosties papistes et que tous les excréments du diable 3. »
Les explications donnécssur la cène calviniste par les théologiens luthériens sont tellement ignobles qu'on est vraiment en droit de se demander« si jamais de semblables abominations ont été entendues chez n'importe quel peuple, et si de tels excès de langage n'étaient pas faits pour éteindre dans les âmes tout sentiment de pudeur».
1 ** pp. 3, 8, 9, 49, 51. ** Sur les dernières années de Tossanus el sur sa mort voy. Lamey, Zeitschrift für Gesch. des Oberrheins, nouvelle suite, l. III, pp. 330 et suiv.
ä Rettung, etc. (1598), pp. 27-28. Voy. p. H et préface f. A 3b.
ä Ein clivistlich Gesprech zwischen einem Lancipfarrherr und einem Gelehten des Rechts (1599), f. A. 3.