‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 237 sur 573 · COMMENT LES PRÉDICANTS SE TRAITAIENT LES UNS LES AUTRES · texte numérisé non relu

COMMENT LES PRÉDICANTS SE TRAITAIENT LES UNS LES AUTRES

Avec une sorte de désespoir, le prédicaiit Jean Pretorius écrivait en 1589 au sujet de ses confrères : « La plupart sont possédés par les démons de l'avarice, de l'orgueil, de la gloutonnerie et de Tivrognerie. » « L'homme du peuple les imite tant qu'il peut, vit dan? le péché et dans la boue, et se livre à toutes sortes de vices inspirés par les puissances des ténèbres. « Pourquoi ferions-nous autrement, •> disent-ils, « nos maîtres, nos seigneurs, notre prêtre nous donnent l'exemple! S'il leur est permis de se conduire ainsi, pourquoi Dieu serait-il plus sévère pour nous*? » — « Notre doctrine, » écrivait le prédicant Valentin Wcigel, « est toute humaine, et nos mœurs viennent sûrement du démon ; car l'orgueil, l'avarice, la paresse, dont presque tous les théologiens sont atteints à notre époque, ne viennent sûrement pas de Dieu, mais du diable 2. »

1 Eine christliche Predigt (1589), f. C. 2 4. o Beaucoup, dans leurs prûclies, jettent cent tonnes d'iiéiéliques dans leurs discours, s'égosillent pour les combattre, les exterminent, se disent prêts à perdre la vie pour les confondre; mais quand vient le moment d'agir et non plus de pérorer, leur langue devient flasque comme l'aile d'une chauve-souris, ils ue savent plus, comme disait le paysan du coûte, s'ils sont martiniens ou luthériens, et quand vient le moment critique, leur meilleur latin, leur argument le plus noble, c'est : Suscribo.

- Kirchen-iind Hauspostillen, t. 1, p. 124.

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