‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 240 sur 573 · PROGRÈS DU CALVINISME EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DU CALVINISME EN ALLEMAGNE

et le Luthéranisme fut rétabli par le margrave Georges-Frédéric.

Le comté d'Isenbourg eut aussi à subir plus d'une « transformation religieuse t). En 158o, le comte Wolfgang congédia tous les ministres luthériens, fit enlever des églises les crucifix, les tableaux, les autels, et imposa le Calvinisme à ses sujets. Le comte Henri, qui lui succéda, exila tous les prédicants calvinistes aussitôt après les funérailles de son frère. On ne leur laissa que peu de jours pour se préparer au départ ; plusieurs d'entre eux étaient malades. Par un hiver rigoureux, manquant de tout, ils durent obéir sans délai. Lorsque, trois ans plus tard, le comte Wolfgang-Ernest de la lignedeBirnstein, prit les rênes du gouvernement, il exila les Luthériens et rappela les Calvinistes, et la population revint malgré elle à la doctrine de Calvin. Dès 1S97, Wolfgang-Ernest avait essayé la même « réforme » dans ses domaines de Birnstein, mais, dans un grand nombre de communes, des troubles et des émeutes éclatèrent, car les prédicants luthériens y défendaient avec énergie « la vraie religion )), — A Sprendlingen, malgré le comte, un pasteur luthérien rétablit le Luthéranisme, grâce à l'appui que lui prêta le landgrave de Hesse-Darmstadt, lequel avait droit de patronage sur la ville 1. Un pasteur exilé écrivait : « Après avoir refusé d'apostasier , nous avons dû céder la place aux Calvinistes fanatiques; sans égard à nos longues années de service, et bien qu'avec grande fidélité nous eussions enseigné jusque-là selon que l'avaient désiré nos anciens seigneurs, nous, serviteurs de la parole, on nous a contraints de nous expatrier avec femme et enfants. Ce que nous avions toujours prêché passe maintenant pour hérésie et blasphème ; les mouches ignobles du Calvinisme, les hypocrites, les impudiques, les ennemis de la croix de Jésus-Christ osent injurier notre bien-aimé père en Dieu le docteur Luther, et vont jusqu'à le traiter,dans leurs prêches,d'ànegrossier,de girouette mobile, de grosse panse, de lunatique, etc. Puisse Dieu frapper ces impies de son tonnerre, que tous les châtiments temporels et spirituels fondent sur ces suppôts d'enfer, comme ils l'ont depuis si longtemps mérité^! »

Des troubles plus sérieux éclatèrent en Hesse.

Le landgrave Guillaume IV avait toujours énergiquement refusé d'accepter le Formulaire de Concorde; jadis, il s'était exprimé de telle façon sur la personne de Luther 3 et sur l'ubiquité que les

' Pour plus de détails, voy. Zeitschrift des Vereins für hessische Gesch. und Landeskunde (Cassel, 1862), t. IX, pp. 26, 29 et suiv.,'pp. 48-54. - Wehrufeines Exul Christi (1600), pp. 2-7. ^ Voy. notre 4" vol., p. 523.

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