‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 243 sur 573 · LE PAPISME » DU PEUPLE LUTHERIEN · texte numérisé non relu

LE PAPISME » DU PEUPLE LUTHERIEN

la parole de Dieu. Nous massacrerons les prêlres de Calvin, ils veulent ravira nous et aux enfants de nos enl'anls ic salut éternel ! » Une troupe de forcenés se porta vers l'église; mais déjà le landgrave avait pris d'énergiques mesures. Résolu d'étouffer la révolte par la force, il lit avancer en toute hâte vers le lieu de l'insurrection ^,000 soldats et six pièces d'artillerie, annonçant l'intention de punir rigoureusement les rebelles. Les plus compromis lurent soumis à la torture ; les bourgeois durent livrer leurs armes, payer des amendes et livrer des otages. Au son du tambour, et portant des torches allumées, les soldats du landgrave entrèrent daus la ville et allèrent se placer à l'intérieur de l'église; d'autres en occupèrent les abords, un mousquet chargé au poing. Le brisement des images commença aussitôt en présence des délégués de Maurice. Tous les objets sculptés, fondus, travaillés et ciselés, parmi lesquels se trouvaient de véritables chefs-d'œuvre, furent détruits. On recouvrit de chaux certains tableaux, on emporta le reste. Huit chariots remplis « d'idoles » prirentle chemin du château; là, une partie des dépouilles de l'Église fut livrée aux flammes. On confisqua les armes dos insurgés. La « réformation » semblait accomplie; mais Maurice crut devoir employer plus de rigueur encore. Les troupes de renfort appelées àSmalkalde occupaient déjà tous les villages environnants. A la tète de chaque compagnie, marchait un bourreau, l'épée nue à la main. On répandit le bruit que le landgrave allait prendre le commandement des troupes, et qu'il était résolu à n'épargner personne. Les habitants, en proie à l'angoisse et à la terreur, lui envoyèrent une ambassade, et ne parvinrent qu'à grand'peine à apaiser quelque peu sa colère. Les principaux chefs de l'insurrection furent sévèrement punis. Néanmoins, très peu de personnes consentirent à prendre part, le dimanche suivant, au culte et à la cène calviniste. Sur trois cents enfants, cinquante seulement furent inscrits dans les nouvelles écoles; en 1614, « la vieille obstination » durait encore, et, comme auparavant, les prédicants étaient en guerre ouverte avec le consed *.

L'attachement du peuple luthérien pour les derniers vestiges du passé catholique était toujours aussi profond. A Smalkalde, il avait fallu huit voitures pour enlever « les idoles w de l'église, etpresque partout la « purification des églises » exigea a de véritables déménagements». Dans l'église de Haïna, par exemple, on trou va jusqu'à vingt-

• Heppe, pp. 133-154. W, Roiinert, Die Mauritianische Kirchenreforni. in der Herrschaft Smalkaden (Sleinbach-Hallenberg, 1879), pp. 1-24). Les habitants de Smalkalde appelaient les réformés « mangeurs de pain >> (Hrod und Weckfresscr). lloMMEL, Neuere Gesch., t. il, p. Ü80.

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