LE PAPISME » DU PEUPLE LUTHÉRIEN
huitautels encore surmontés des images deleurssaints patrons. «Que la hache et le fou détruisent tous ces hochets, tous ces vestiges du culte des idoles! » tel était le mot d'ordre donné par le margrave « Qu'on en finisse avec les Jean, les Marie, les Ursule, » répondit-il un jour à une députation des habitants de Smalkalde. « Si je vous permettais seulement de garder deux crucifix, vous m'appelleriez votre bon seigneur! Athalie,la patronne des idoles, serait une reine selon votre cœur! vos autels, vos oratoires me font penser à ces bois, à ces bocages où les juifs se plaisaient à offrir des sacrifices idolâtres; vous voudriez voir revenir le temps de l'exorcisme et des chappes i. »
Mais ce dont se plaignaient surtout les Calvinistes, c'était de l'attachement obstinédu peuple protestant pour la doctrine papiste delà Cène: « Les fidèles seraient heureux de revoir encore les cérémonies de la messe, d'entendre comme autrefois le son de la clochette accompagnant le Saint-Sacrement chez les malades. Pendant le service divin, ils se prosternent et adorent, ce qui est une idolâtrie détestable. Un grand nombre de prédicants sont encore imbus d'un respect tout payen pour les hosties. » Ces sentiments n'étaient pas particuliers aux populations de la liesse. « Dans presque tout lEmpire, » lit-on dans une feuille volante datée de l.o99, « le peuple luthérien et beaucoup de prédicants gardent obstinément les vieux préjugés papistes et restent attachés aux cérémonies et aux usages d'autrefois comme s'il n'y avait point eu d'Evangile. » « Il ne serait certainement pas difficile de les ramener tous à l'ancienne idolâtrie; heureusement, l'autorité, et beaucoup de serviteurs vigilants de la parole, s'opposent de toutes leurs forces à des tentatives de ce genre -.» En IGIO, un calviniste s'intitulant « l'ami de la vérité et de la justice )^se plaignait amèrement de l'entêtement du peuple luthérien, qui, « par routine, rabâchait encore sa confession auriculaire, la regardait comme une dévotion utile, et se livrait à d'autres pratiques hypocrites et défendues devant les images des saints et les crucifix». iS'était-ce pas un crime, l'effet d'une grossière ignorance que de s'adresser à ces images et à ces crucifix dans la joie ou la douleur, comme on le voyait faire tous les jours ;
* RoMMEL, Neuere Gesch., t. ll,pp. o70 et suivantes, 378 et suiv., 583, Müxscher, pp. 59-90.
- Ein christlich Gesprech [voy . p\ns haut, p.5i 8, note 4,) f-B. 2. «Beaucoup de prédicants évançéliques, » écrivait Micron en 1554, « combattent plus passionnément pour leurs ornements sacerdotaux, leurs autels, cierges, images, tabernacles du démon, cloches, confessions, org-ues, agenouillements. chants latins et autres superstitions surannées, que ne le faisait autrefois le l^ape». Göbel, GescA. des christliche Leben im Rheinland and Wesphaien, i. I, pp. Ü37. 24.