‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 251 sur 573 · TROUBLES RELIGIEUX DANS L ELECTORAT DU BRANDEBOURG · texte numérisé non relu

TROUBLES RELIGIEUX DANS L ELECTORAT DU BRANDEBOURG

sait bien qu'il est injuste et puéril d'attribuer ce vice à la doctrine, car si nous suivions cette méthode, rien que pour ce motif nous devrions condamner la doctrine calviniste comme fausse et hérétique,puisquedans l'Église préteddue réformée, autant sinon plusque chez nous, s'étalent les vices les plus honteux, les imprécations, les jurements, les blasphèmes, les excès de table, les débauches, la fornication, etc. 1.» « Les Berlinois disent encore que nos prédicants font une obligation de la confession à leurs ouailles; que c'est un moyen pour eux d'enfler leur bourse; qu'ils remettent les péchés pour un thaler, sans s'inquiéter de savoir si celui qui reçoit le sacrement comprend quelque chose à ce qu'il fait, et que, même pour un demithaler, le confesseur met la main sur la tête du pénitent et lui dit : Tes péchés te sont remis. » A cela, Hutter répond (sans nier le demithaler) : « Lorsque ce pamphlétaire insinueque nos pénitents croient l'absolution efficace parce qu'elle leur a coûté un demi-thaler, c'est un mensonge, c'est une bouffonnerie diabolique et infâme, inventée pour rendre méprisable l'Église à laquelle nous appartenons. Les ministres calvinistes n'ont qu'à rentrer en eux-mêmes et à se demander ce que leur a rapporté jusqu'à ce jour leur confession et leur absolution publiques, et lequel d'entr'eux, au lieu d'un demi-thaler, n'a pas reçu comme honoraires cent, et peut-être mille thalers 1 Que dejois, pour une question de casuel,ils se sont regardés de travers ! Fussel et Finck, dit-on, se sont un jour pris aux cheveux à ce sujet, ils ont bravement cogné leurs têtes calvinistes ^1 »

En 1615, pendant le carême, lorsque l'Électeur fit enlever des églises en présence de son frère Jean- Georges, gouverneur de la Marche, les autels, les crucifix et les images, le diacre Stuler, dans la cathédrale de Berlin, eut le courage de s'élever en chaire contre cette profanation ; puis il déclara à ses auditeurs qu'il s'attendait à être jeté en prison pour avoir si hardiment parlé. Là dessus les bourgeois, les jeunes gens s'assemblèrent, et quelques-uns prirent leurs armes. Le gouverneur, accompagné de quelques soldats, ayant voulu rétablir l'ordre, fut blessé à la tête par une pierre lancée par une main inconnue. On sonna le tocsin, on assaillit la maison de Martin Fiissel, prédicant de cour élu à la place de Gedicke, et on la pilla de fond en comble. Lorsque l'émeute fut apaisée, Fiissel monta en chaire (c'était le vendredi saint) dans le plus étrange accoutrement : « Il portait une camisole verte et un jupon, car il n'y avait pas d'autre vêtement chez lui. » Il avait échappé par miracle, ainsi

1 Nothwendige Antumrt, p. {0.

* Nothwend'uje Antwort, pp. 12-13, 14-16, 51-52. Voy. p. 192, f. D.

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