RF.SISTANCE AU CALVINISME
les écoles i. » Aussi corrigea-t-il de sa propre main le symbole de la faculté de théologie de Francfort-sur-l'Oder, et installa-t-il des professeurs réformés dans l'Université. « Et maintenant, » écrivait Jean Affelmann, professeur à Rostok, « le dragon calviniste va ravager tout à son aise le troupeau du Christ! » «Les sauterelles dont parle l'Apocalypse de saint Jean ne sont autre chose que les sectaires mahométans récemment engendrés par le papisme, c'est-à-dire les Calvinistes-Zwingliens et les Zwingliens-Calvinistes. Saint Jean a évidemment voulu parler de ces sauterelles modernes, qui ont quitté la fumée et les ténèbres du papisme "-. »
On put s'apercevoir, à Koenigsberg, de l'extrême agitation des esprits, lorsque l'Électeur, le jour de Pâques 1617, alla recevoir la cène, suivi de beaucoup de réformés, dans la grande salle de son château. Le chapelain Jean Behm en fut tellement indigné que le lendemain, au château même, il prêcha sur ce texte : Je changerai vos jours de fête en jours de deuil, et vos cantiques en lamentations (Arnos, VIII, 8.) « Ces menaces de la colère divine, » dit-il, « s'adressent maintenant à nous, puisqu'hier la secte a osé rompre ici le pain selon le nouveau rite. On a été ramasser des gens dans tous les coins de la ville afin de grossir la troupe des apostats, pour se vanter ensuite que le Calvinisme a séduit parmi nous un grand nombre d'âmes. Quiconque prétend ne pas s'apercevoir de cette supercherie ment effrontément, ou bien il est aveugle. » Le prédicants'en pritcnsuite directement à l'Électeur: « On promet avec de belles paroles de soulager le fardeau du peuple, » dit-il, « mais c'est par les actes qu'on juge de la sincérité du cœur. On nous accable de tant d'impôts que notre détresse est toujours plus affreuse! Oh! nous pouvons nous attendre à être assis un jour sur de durs escabeaux ! On nous a promis de maintenir la constitution, mais la manière dont on s'acquitte de celle promesse est criminelle et honteuse. Nos lois défendent de tolérer et d'implanter parmi nous la doctrine calviniste, on a juré devant Dieu de garder l'Évangile de Luther, et ce serment n'a pas été tenu, et nous nous en plaignons à Dieu! Prenez à cœur, chrétiens, le grief national, il en est temps! Priez Dieu d'écarter le démon, afin qu'il ne poursuive pas l'œuvre qu'il a commencée •*! »
« Dans la Marche de Brandebourg, » disait en chaire le premier prédicant de la cour de Saxe, Mathias Hoe (1G18), « le démon s'est élevé sur le trône de Calvin, n Ce même Hoe affirmait, dans l'un
' Cypriax, Untericht von kirchlicher Vereinigung der Protestanten. Doc. n°ö. ä Calvinisc/ie Heuschrecken, f. a. 3.
3 Hering, pp. 339-342.
jjfjo RKSISTANT.E AU CALVINISME.
de ses ouvrages, que les Calvinistes s'accordaienl avec les Ariens et les Turcs sur quatre-vingt-dix-neuf points. — ZacliarieFaber, curé luthérien de Hohenleimel, allait encore plus loin, et olfrait de fournir deux cents, etmême, à la rigueur, trois cents preuves que la doctrine calviniste était plus exécrable que la doctrine du diable *. »
Si les théologiens et les prédicants protestants disputaient cntr'£ux sur un pareil ton, on devine aisément en quel langage ils devaient attaquer les Jésuites, contre lesquels ils réunissaient toutes leurs forces, parce qu'ils les regardaient comme leurs communs ennemis.
1 Voy. Heui.nü, pp. 93-97.