TN I^IVRE CATHOLIQUE SUR LE MEURTRE DES TYRANS
Christophe Goodman * fanatisait le peuple écossais en répétant; « Le glaive de la justice a été remis anx mains du peuple. Dès que le prince, drs qu'un pouvoirquel qu'il soit contredit la loi du Seigneur, voici quelle est contre lui la sentence portée par Dieu même : Quiconque rend un culte aux idoles doit être puni par le peuple, qu'il s'agisse d'un roi, d'une reine ou de l'Empereur lui-même. Les gouvernants qui détournent les chrétiens du vrai culte de Dieu doivent être traînés à la potence -. »
Georges Buchanan, précepteur de Jacques I«"" roi d'Angleterre, ardent défenseur du régicide, écrivait dans un Dialogue politique dédié au roi : « Un prince régnant, tyran de son peuple, doit être tenu pour l'ennemi de Dieu et des hommes ; à mon avis, il faut le ranger moins parmi les hommes que parmi les loups et autres animaux féroces. Ceux qui le mettent à mort ne se rendent pas seulement service à eux-mêmes, ils sont les bienfaiteurs do l'humanité. Si j'étais législateur, j'ordonnerais, comme les Romains avaient coutume de le faire pour se délivrer de certains monstres, qu'on transportât le tyran dans une terre inhabitée, ou qu'on l'ensevelît dans les abîmes de la mer, mais bien loin du rivage, afin qu'on ne courût pas le danger d'être empesté par son cadavre. Quant à ceux qui mettent fin aux jours du tyran, on devrait leur décerner des récompenses publiques; non seulement tout le peuple devrait les acclamer, mais les particuliers devraient leur apporter des présents, de même qu'on récompense ceux qui ont abattu des loups ou des ours, ou capturé leurs petits ^. »
Un des ennemis les plus acharnés des Jésuites, le vénitien Paul Sarpi, ne pouvait conseiller à ses concitoyens républicains d'assassiner un royal tyran; mais en sa qualité de consulteur d'état, il soumettait la proposition suivante au Conseil des Dix : « S'il se trouve des chefs de parti parmi les habitants du continent, il faut s'en défaire à tout prix; s'ils sont puissants, il n'est pas nécessaire de recourir contre eux aux voies ordinaires de la justice; le poison, en pareil cas, doit faire son office et remplacer le glaive ^ »
[Disput, juridic. inaur/uralis de ojmsciilo Vindiciae c. ii/rannos. Grönin^ae) 1852) et LosbEN {Silcungsberichte der Münchener Ali-ad. 1^81, pp. 2io elsuiv., ont prouvé que la Vindiciae n était pas d'Hubert Languet, mais de Philippe Duplessis-Moniay. Waddington (Revue histor. (1890), t. XLII, p. 243), partage cette opinion.
1 Appellatio ad nobilitatem et populum Scotiae.Yoy.Gretscri Opp.,t.\ll,p.5i.
2 « Ad furcas arripiant et suspendant. » Dans le livre intitulé : Quando supe. rioribus magistratibiis obediendum sit . Yoy. Gretseri 0pp., t. VII, p. 54.
a De jure regni apud Scotos (éd. 2, Edinburgi. 1586, pp. 50-51). * Opinione del P. Paolo Sarpi, consultore di Papa, etc. Voy. Herge.nrötuer, p. 493.