‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 271 sur 573 · LE LIVRE DE MA.RIANA SUR LE ROI ET L EDUCATION DU ROI · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE MA.RIANA SUR LE ROI ET L EDUCATION DU ROI

accablez de vos bienfaits? Comment se fait-il qu'on tolère en Allemagne de pareils scélérats, et cela jusque dans les états d'un Électeur? « Une nouvelle édition de l'ouvrage venait de paraître à Mayence, et Bonacasa s'imagina que Mariana y habitait. « Il s'est échappé de l'enfer, » s'écria-t-il, (.( c'est le fils du diable, le petitfils de Bée]zébuth,et cependant on souffre qu'il célèbre l'office divin à Mayence! Puisse la terre rejeter ce monstre de son sein! puissent les flammes le consumer! Le Rhin verse des larmes parce que Mayence abrite ce pervers! 0 impiété mille fois maudite! Le sol allemand porte un monstre hideux ! Il n'est point de parole capable d'exprimer cette honte, il n'est point d'esprit qui puisse concevoir son énormité! quelques termes que j'emploie, tous sont insuffisants'! » Ainsi parlait Bonacasa dans un traité de jurisprudence très apprécié alors du monde savant.

Dans la première partie de son ouvrage, Mariana expose la doctrine de l'état ; dans la seconde, il développe ses idées sur l'éducation d'un prince; dans la troisième, il s'étend sur les connaissances et les vertus qu'un prince doit posséder pour faire le bonheur de son peuple. H compose pour le roi régnant et pour l'Infant un traité complet sur l'art de régner et de faire le bonheur du peuple, et sur les moyens de ne jamais tomber dans les excès de la tyrannie.

« La monarchie, » dit-il, « est la plus ancienne forme de gouvernement, et la monarchie héréditaire est la meilleure ».Mais, suivant une doctrine alors très eu faveur, le savant jésuite enseigne que toutes les monarchies ont pour origine la transmission du pouvoir au souverain par le peuple ; que le pouvoir réside dans le peuple, et que toutes les monarchies ont pour origine la transmission du pouvoir par le peuple à l'élu de son choix; dans le peuple, selon Mariana, réside la souveraine autorité..» Il dit excellemment : « La volonté égoïste et tyrannique d'un seul ne doit pas gouverner l'État. La puissance royale doit être limitée par la loi et rester assujettie aux meilleurs de la nation. Ce qu'il y aurait de plus funeste à l'État, ce serait l'adoption de ce principe : Le roi est au-dessus de la loi, car en réalité le roi n'est que le premier gardien des lois. Il leur doit autant de respect et d'obéissance que ses sujets, parce que la plupart des lois n'émanent pas des princes, mais de la volonté nationale, qui seule a le pouvoir d'or-

' Ficta Juditha, pp. 55-56, 64-65. ** D'après Placcil-s (De script, anonym, syntagma, p. 166) et Krebs [Publicistik, p. 187), le chancelier du duc Jules de Brunswick-Lunebourg, Eberhard de Weihe, se cachait sous lepseudonyme de Mirabihs de Bonacasa.

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