‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 282 sur 573 · EXIGENCES DES PROTESTANTS DE BOHÈME · texte numérisé non relu

EXIGENCES DES PROTESTANTS DE BOHÈME

clier toutes les occasions de se nuire, et les ennemis de leur Maison n'oubliaient rien pour prolonger et aigrir leurs querelles; Christian d'Anhalt, surtout, y travaillait sans relâche, et, comme lui, le margrave Joachim Ernest d'Ansbach trouvait très important de les entretenir ^.

Le résultat de tantd'efforts ne tarda pas à se m an if ester en Bohême comme en Autriche.

L'Empereur avait permis aux nobles protestants de Bohême de se réunir pour régler la question religieuse ^. Dès la première séance des Étals (janvier 1609), les nobles, influencés par le chef spirituel de ft rUnion-fraterneile », Winceslas Budowec de Budowa, réclamèrent non seulement la liberté religieuse, mais encore la direction de toutes les affaires relatives au cuite et à l'enseignement, et de plus l'administration de l'Université de Prague, à laquelle se rattachaient toutes les écoles du royaume. Non content d'avoir obtenu la complète égalité entre catholiques et protestants, Budowec voulait la ruine complète do ses adversaires, et ce but il était décidé à le poursuivre par tous les moyens, « afin d'élever sur les débris de l'ancienne Église et du trône royal le règne de l'aristocratie tchèque protestante. » Le comte André de Schlick, le comte Etienne de Slernberg et autres confessionnistes modérés étaient relégués par lui au second plan.

Au Conseil de l'Empereur, Popel de Lobkowitz, Guillaume de Slawata et Jaroslaw de Martinitz combattirent avec énergie les plans du parti révolutionnaire; aussi plusieurs membres des États proférèrent-ils contre eux des menaces de mort, ne parlant de rien moins que de «les jeter par les fenêtres», l'Empereur, uniquement préoccupé de ses rancunes, ne savait quel parti prendre. Un député de l'archiduc Albert assurait quil penchait du côté protestant plutôt que du côté catholique. On l'entendit s'écrier un jour que céder aux Protestants serait porter un grand coup à son frère; il finit néanmoins par ne rien leur accorder, et le 1" avril l'assemblée était dissoute. Les nobles, sur la proposition deßudowec. qui entretenait de constantes relations avec un agent de l'Électeur palatin, se tournèrent alors vers les princes de l'étranger. A la fin d'avril, ils se réunirent de nouveau à Prague, escortés de soldats. Malgré Rodolphe, ils ouvrirent une nouvelle assemblée à l'hôtel de ville de Neustadt, menaçant de l'aire triompher leurs prétentions par la

^ LeUres du 9 janvier 1609 à Christian d'Anhalt. Ritter, Briefe und Acten, t. II, pp. 174-175.

s Voyez plus haut, pp. 332-333.

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