HENRI IV ET LA PRINCESSE DE CONDE
l'apprendre à la page 121, là où l'entrée magnifique du margrave de Bade est décrite. Voici la devise choisie par le margrave : Za religion détruit l'idolâtrie *. Or l'idolâtrie, pour les Unis, c'est la religion catholique. Lisez encore ce qui est dit à la page 233 : « Cette entrée badoise est une vraie Judaea, c'est le parfait symbole d'un gouvernement bien réglé ^. »
Le dernier jour des fêtes nuptiales, le 13 novembre, les princes de rUnion qui y avaient assisté convinrent de se réunir à Schwabisch-Hall le 10 janvier suivant. Là devaient être exactement fixées les contributions en argent nécessaires à la défense des princes possédants; Christian d'Anhalt fut envoyé en France pour presser la conclusion des négociations entamées avec Henri IV.
Lorsqu'il arriva à Paris, Christian trouva le roi plus résolu que jamais à la guerre; ce qui l'y poussait surtout c'était la violente passion qu'il avait conçue pour la femme du prince Henri de Condé. Depuis quelque temps, Condé avait cessé de paraître à la cour; il n'avait plus qu'une pensée : sauver l'honneur de sa maison. Ayant étéaverti qu'Henri voulait surprendre et enlever lanuit la princesse sa femme, il s'était enfui avec elle et avait été demander abri et protection à la cour de Bruxelles (août 1609). S'il ne s'y était décidé, disait-il, la princesse fût infailliblement tombée dans les pièges que le roi ne cessait de mettre sous ses pas depuis deux ans •*. A peine maître de lui-même, Henri demanda à l'archiduc Albert de lui livrer la fugitive; mais toutes ses instances 'échouèrent devant la loyauté de l'archiduc. Le roi d'Espagne et le général Ambroise Spinola, consultés à cette occasion, déclarèrent tous deux que l'hospitalité était chose sacrée, et qu'on ne pouvait désespérer par un refus un prince persécuté, menacé dans son lionneur; ils recommandèrent cependant à Condé de ne blesser en aucune manière les devoirs de fidélité et d'obéissance qu'il avait envers son suzerain ^. Henri protestait au nonce de la pureté de ses intentions, et prétendait ne désirer le retour de la princesse de Condé que parce qu'il était le protecteur et le défenseur de la liberté de ses sujets"". 11 eût voulu persuader à tout le monde qu'il n'était pas amoureux, et qu'il ne serait blessé que dans sa dignité royale s'il n'obtenait point la « délivrance » de la princesse*». En réalité, son extravagante passion
' Reliçio pura, Idolatriae exterminatrix.
* V. Friedberg, p. 63.
3 Ritter, Briefe und Acten, t. III, p. 330. ** Voy. Klopp, t. I, pp. 87 et suiv.
♦ Voy. V. PoLENz, t. V, pp. 22-29.
^ Voy. Hexrard, p. 270.
" Henri traitait de calomniateurs ceux qui prétendaient « thas he was in any way