LANS DE L ÜMON POUR LE REAVERSEMEM DE LA PAPAUTÉ
de Dieu, la propagation du pur Évangile, la paix de l'Empire et des terres autrichiennes, et qu'ils s'opposeraient de tout leur pouvoir à toute entreprise pouvant contrarier les plans des princes unis 1. »
Ce que les Unis se proposaient de faire « pour la paix de l'Empire et des pays autrichiens », on put très clairement s'en rendre compte à l'assembléede Schwäbish-Hall, où ils tinrent leur assemblée générale en février 1610. La réunion était nombreuse; l'Électeur du Brandebourg, le landgrave Maurice de Hesse-Gassel étaient présents et plusieurs villes d'Empire, qui s'étaient récemment jointes à l'union, y avaient envoyé leurs délégués. L'ambassadeur de France Boissise présidait les réunions ~. Henri IV lui avait recommandé de tout faire pour empêcher un accommodement pacifique à J uliers, et pour persuader aux Unis qu'il était de leur plus grand intérêt de chasser les Espagnols des Pays-Bas et de ravir la couronne impériale à la Maison de Habsbourg ■'. Boissise rappela tout ce que son maître avait fait « pour la prospérité et la liberté de l'Allemagne >^, Christian d' Anhalt rendit ensuite compte de son ambassade en France; il dit (( que sans aucun doute une grande révolution allait s'opérer, et qu'il fallait s'attendre à voir prochainement monter sur le trône impérial un prince étranger à la dynastie d'Autriche, dont tout le monde avait à se plaindre. Immédiatement après le recez d'Ahausen, Christian avait appelé la guerre de tous ses vœux; plus tard, il avait changé d'avis, disant (|u'on avait laissé échapper le moment favorable; maintenant, l'instant lui paraissait propice. L'Espagne était mal préparée à la guerre; ses forteresses tombaient en ruines, ses troupes étaient mal instruites. « Si le roi de France jette les dés, » dit-il, « les États-Généraux entreront dans le jeu. Maurice d'Orange et Oldenbarneveldt paraissent disposés à repousser les Espagnols; les Vénitiens finiront bien par donner aussi un coup de main. Si, sans perdre de temps, on se décide à attaquer le roi d'Espagne, on pourra aisément trouver bons marchands pour le venir trouver en son propre pays. » Le margrave d'Ansbach avoua qu'Henri IV n'avait aucun prétexte sérieux pour violer la paix que lui-même avait aidé à conclure; mais puisque, pour le moment, le
* Ritter, t. III, p. lo3.
- HöFLEB, Heinrich' s IV. Plan , p. -i.
■* GlNDELY, t. 11, pp. 77-78.
(40 rr.ANS DE L UMON POUR LE RENVERSEMENT DE LA PAPAUTÉ.
roi désirait ardemment la guerre, il fallait « battre le fer pendant qu'il était chaud », de peur de laisser échapper l'occasion favorable. La victoire serait aisée, car la Maison d'Autriche, intérieurement divisée, était affaiblie, et serait certainement hors d'état de soutenir la lutte si le roi de France venait au secours des Évani-éliques. Bade dit qu'on en était venu au temps prédit par Ézéchiel, et que le moment de combattre Gog et Magog était arrivé. On obtiendrait aisément l'appui des Flandres espagnoles en leur démontrant qu'il s'agissait de les affranchir comme les Hollandais l'avaient été. La France venait de s'allier à la Savoie, ce qui permettrait de porter la guerre en Italie, et tout semblait promettre un plein succès. On résolut de demander aide et secours à l'Angleterre, au Danemark, à Venise, au.\. cantons suisses protestants, et, par l'entremise de Christian, de poursuivre les négociations entamées avec les États prolestants de Bohême, de Moravie, de Silésie et d'Autriche. On ordonna des prières publiques dans tous les territoires des Unis, c( afin de bien pénétrer les sujets de l'esprit de l'union ». Christian fut de nouveau envoyé au roi de France pour ranimer son /èle, 1 exciter à entrer en lutte avec l'Espagne, et le décider à attaquer à l'improviste l'archiduc Albert sous prétexte de venir au secours du Juliers. Aussitôt que la France et les États-Généraux auraient déclaré la guerre à l'Espagne, les Unis et les « princes possédants n mettraient sur pied 8,OC0 fantassins et 2,200 cavaliers, et dans le cas où la guerre se prolongerait 4,000 fantassins et LOOO cavaliers, le tout à leurs frais.
L'Union catholique, plus tard appelée la ligue, était alors en formation ; mais elle n'inspirait pas la moindre inquiétude aux conjurés. Se fondant sur de sûrs renseignements, Christian assurait que les princes spirituels, à l'exception de Wurzbourg, ne faisaient rien, et n'avaient même pas encore trouvé l'argent nécessaire à l'organisation de leur ligue; il dit que l'Autriche se tenait à part, et que la Bavière était peu redoutable ; elle possédait, il est vrai, deux régiments, mais elle était persuadée que la guerre ne concernait que Donawerth et qu'il ne s'agissait que de se tenir sur la défensive. La Bavière ne devait pas intimider les défenseurs de l'Évangile i.
« Le vrai, l'unique but des Unis, se résume en trois points, » écrivait Gaspard Schoppe. « Le premier, c'est l'établissement de leur religion, c'est-à-dire de détruire le papisme; le second, c'est de défendre la justice, c'est-à-dire d'abolir le Conseil aulique et
1 Voy. ces négociations dans Ritïeh, t.. III, pp. 36-113.
PLANS DE l'union POUR LE RENVERSEMENT DE LA PAPAUTÉ. 641
l 'obéissance qu'on lui a rendue jusqu'ici, car la justice habitera dorénavant chez le comte palatin; le troisième, c'est de donner à l'Empire la liberté, c'est-à-dire d'obtenir pour eux-mêmes la liberté de faire tout ce qui leur semblera bon, sans en être empêchés par les exécutions ou les décrets impériaux. Prenons un exemple : Le landgrave Maurice confisque une abbaye princière *; il oblige les sujets de l'Abbé à embrasser la religion calviniste, et l'Électeur palatin, son compère, s'empresse d'approuver sa conduite. Gomme il est allemand et libre, personne ne peut l'empêcher d'agir comme il lui plaît. Si l'Empereur tlétrit une pareille iniquité, évidemment contraire à la paix de religion, s'il ordonne au landgrave de rétablir l'abbaye dans son ancien état et d'abolir la secte calviniste proscrite dans tout l'Empire, ses ordres seront considérés comme attentatoires à la liberté allemande; on ne manquera pas de mettre sous presse une longue élégie ou bienuneamère satire contrôla tyrannie de l'Empereur. Ce que l'état ecclésiastique et aussi la chevalerie et les villes d'Empire ont à attendre de ces bons seigneurs lors(iu'ils auront obtenu la liberté qu'ils réclam^ent, un fou lui-même pourrait le deviner. Nous lisons à la fin du livre des Juges : En ce lem'ps-là, il ny avait point de roi en Israël, mais chacun faisait tout ce qui lui paraissait bon. Du moment que les Unis réclament la liberté dont je parle, et qui signifie le droit pour chacun d'eux d'agir en tout selon son bon plaisir, il faut bien qu'ils avouent qu'ils ne veulent plus d'aucun roi en Israël, c'est-à-dire point d'Empereur en Allemagne, plus de ferme main, plus d'autorité qui les puisse maintenir dans la justice et dans la tradition ». « Par là on peut aussi facilement comprendre ce ([ue voulaient dire à Ratisbonne, en lOOG, les ambassadeurs des Électeurs, du comte palatn) et du landgrave Maurice, lorsqu'on les entendait répéter sans cesse que l'Empiredcvait être« refondu dans un nouveau moule )i, que sans cela on n'arriverait jamais à rien, et (ju'on perdait oleum et opéra dans les inutiles et fastidieuses délibérations des Diètes '^. »
La déplorable situation de l'Empire était un grand sujet de joie pour les Français. Bongars, qui avait rencontré Boissise à Hall, mandait au roi le 12 février 1610 : « La ruine ou le salut des princes dépend maintenant de Votre Majesté; les Unis ont acquis une telle influence en Allemagne que ce qui leur arrive d'iieureuxou de malheureux intéresse toute la Chrétienté, et particulièrement la France. Le moment où nous sommes est grave. Le sort de la Maison
* L'abbaye d'Empire de Hersfeld.
* V. FiuEDBERG, pp. 72-74.
r,'t2 PLANS DE l'union POUR I,K HENVERSEMENT DR LA MAISON DE HAnSBOURG.
d'Autriche va se décider. La Hongrie, la Bohême et les autres terres héréditaires d'Autriche ont résolu de ne plus donner leurs suffrages à un prince de la dynastie de Gi'actz. car cette dynastie est usée et corrompue. Votre Majesté assistera bientôt à la ruine de cette Maison, pourvu qu'elle continue à soutenir les princes unis, et par eux les Étals protestants des terres héréditaires. » ßoissise promettait d'envoyer au roi sur tous les points importants des ronseij^nements précis *. Peu après il lui écrivait qu'il avait proposé aux princes, en particulier comme en public, de les aider à faire passer la couronne impériale à une nouvelle dynastie et d "éloigner les Espagnols de leur voisinage, et qu'ils étaient entrés avec beaucoup d'ardeur dans ses vues. « Mais, » ajoutait-il, « avant de disposer de la couronne impériale, il faut décider la Saxe à se joindre à TUnion, et l'Électeur de Brandebourg ne désespère pas d'y réussir 2. »
Celte espérance fut déçue. Christian, le J8 mars, rejela avec fermeté les avances qui lui étaient faites. « T^es Unis n'ont qu'un désir,» dit-il,« c'est de secouer le joug de l'Empereur. A mon avis, ils commettent une faute grave en attirant des souverains étrangers dans leur ligue. Aussi ne faut-il pas blâmer les Catholi(iues s'ils voyent dans ce fait un prétexte de guerre^ et s'ils se préparent à se défendre ^. a
Un mémoire adressé à un agent de la Saxe résidant à Paris, et dont vraiscml)lablementle Docteur Helfrichest l'auteur, nous renseigne exactement sur les projets des conjurés relativement à l'élection d'un nouveau roi. Ce mémoire donne les noms de ceux qui doivent prendre part à l'entreprise, indique les moyens de parvenir au but, les dispositions déjà ])rises. Pour les prétendants, on ne pouvait hésiter qu'entre Heuri IV et le roi de Danemark. Ce qu'on voulait avant tout, c'était la ruine de la Maison d'Autriche et des membres papistes. Les conlédérés se pioposaient en premier lieu d'envahir l'Alsace et les terres de la Haute-Autriche; si les populations de la Lorraine ou de la Bourgogne refusaient de livrer passage à l'armée française, on comptait envahir immédiatement leurs états et les saccager. Les Unis convoitaient surtout l'évêché de Strasbourg et l'Autriche antérieure; ils voulaient y introduire leur religion, en chasser les Catholiques, etse proposaient d'attaquer d*al)ord Brisach, principale place forte du pays : « Ils s'imaginent que s'ils avaient cette ville, ils seraient bientût maîtres de tout le Rhin, et qu'ayant là sedem hdli ils pourraient y laisser une garnison, faire des
1 Ritter, t. III, pp. 87-88, note 1, et p. 114, note 1.
2 Ritter, t. III, pp. 113-114.
3 RiTiJiH, t. m. p. 2Ü'J, note 2.
PLAXS DE L UNION POUR LE RENVKRSF.MENT iJE LA. MAISON DE HABSBOURG. Gi3
sorties, attaquer les territoires voisins selon leur bon plaisir et fantaisie, et surtout y maintenir leur situation et religion, sans être gênés par l'Espagne ou par l'Autriche. L'Électeur palatin et le le Brandebourg feraient occuper la ville par leurs troupes, dont ils garderaient le commandement jusqu'à l'élection d'un roi romain. Henri IV enverrait de Targent et des soldats; on voudrait bien aussi s'emparer de Fribourg en Brisgau. Bongars a récemment fait lever à Strasbourg les plans de tous ces pays, spécialement ceux, des territoires de Brisach et de Fribourg*. » «L'évêchéde Strasbourg une fois conquis, les Unis envahiraient les évêchés de Spire, de Worms, et quoique les évêques de Worms, de Spire, de MayencC;, etc. n'aient au fond rien à voir dans l'affaire du Juliers,on a cependant des projets sur eux, car les princes allemands désirent extrêmement introduire leur culte dans les évêchés, et seraient ravis d'y favoriser les intérêts des gentilshommes, comtes et seigneurs besogneux de l'armée. Leur grand objet, c'est do s'atTermir dans la possession des couvents, abbayes, prévôtés et fondations confisqués jusqu'à ce jour. » « Alliés à la France, au Danemark, à l'Angleterre, à la Suède, aux Pays-Bas et à tous les membres d'Empire réformés, les Unis n'ont pas peur que l'Autriche leur oppose une résistance sérieuse, car le roi d'Espagne, et en général toute la Maison d'Autriche, sont singulièrement affaiblis par de récentes guerres, et n'ont presque aucune ressource. )> (cLes Espagnols n'ont pas même été en élat de dompter la révolte des Pays-Bas; ils ont été contraints de faire la paix, ce qui fait aisément comprendre que l'Autriche épuisée n'a presque rien à attendre d'eux, surtout si elle avait à combattre en même temps les princes allemands et les puissances étrangères -. »
A la fin de mars, les conseillers de Saxe furent informés que l'Électeur palatin avait assuré avec serment qu'il était en état de mettre sur pied en très peu de jours une armée de 30.000 hommes, en ne comptant que ses propres troupes, celles qu'il destinait à la défense de ses états; c'était là, disait-il, un chiffre considérable, et tout le monde souhaitait maintenant que la guerre commençât le plus tôt possible •'. Pour obtenir de ses sujets les sommes énormes dont il avait besoin, Frédéric faisait courir le bruit que le parti papiste,
' On trouva dans les effets d'un prisonnier de Brisach, comme le rapporte un conseiller du roi Mathias, un papier constatant qu'un peintre de Bàle avait levé le plan de la ville.
ä Voy. celte relation dans les Histor. polit. Blaltern, t. XXVII, pp. 133*110. Le duc Henri-Jules de Brunswick en donna communication à Mathias pour l'engager à faire sa paix avec l'Empereur. Voy. Senkenbeiig, t. XXIIl, pp. 250-252.
ä Ritter, t. III, p. 135, no 61 .
(ili PLANS DE l'u.NION l'OUll LE RENVERSEMENT DE L.V MAISON DE HABSBOURG.
ennemi de la paix, se préparait à exciter en Allemagne unecffroyable tempête, et que tous les princes évangéliques étaient contraints de se préparer à la lutte. 11 invitait son peuple à l'assister en ce péril extrême, et à remettre à ses commissaires tout l'argent dont il pourait disposer. Les sujets, particulièrement les tuteurs qui avaient à emprunter de l'argont pour leurs pupilles, ne devaient en demander qu'à ses commissaires, «|ui leur en serviraient les intérêts en leur offrant de sûres garanties. Tout prêt d'argent à l'étranger fut interdit *.
Une ambassade envoyée par les Unis au roi d'Angleterre fut chargée d'avertir Jacques P"" des dangers qui menaçaient la Chrétienté. Satan, dirent les ambassadeurs, faisait en ce moment tous ses efforts pour perdre les chrétiens résolus à secouer le joug de l'Antéchrist. Le Pape et les Jésuites persécutaient contre toute justice l'honneur, la liberté, la religion et les privilèges des membres d'Empire de Donawerth, et cela parce que ceux-ci avaient voulu empêcher, comme la paix de religion les y autorisait, de scandaleuses processions à travers la ville ordonnées par un Abbé voisin. Pour un acte si légitime, ils avaient été mis au ban de l'Empire sans enquête et avant d'avoir été entendus. Le duc de Bavière, sans en avoir aucunement le droit, s'était chargé de l'exécution, et les habitants de Donaw erth avaient été placés dans l'alternative ou d'abjurer leur religion, ou d'abandonner leurs maisons etleurs biens. Ce à quoi les Jésuites n'avaient pu réussir, le Pape se flattait de l'obtenir de la cupidité des conseillers de l'Empereur, corrompus par les Jésuites; les Électeurs avaient perdu toute influence, tout crédit; partout on foulait aux pieds la croix; on ne se gênait plus pour dire qu'on ne se regardait pas comme lié par la paix de religion. Dans une telle extrémité, les membres d'Empire protestants avaient enfin pris le parti que les puissances voisines, en particulier la reine Elisabeth et le roi Jacques lui-même, les avaient si souvent engagés à prendre; ils s'étaient unis pour dél'endre leur religion, leurs droits et leur honneur, et s'estimeraient heureux d'entrer avec l'Angleterre dans une étroite alliance. Pour soutenir les « princes possédants » dans le Juliers, ils avaient enrôlé 10,000 hommes de pied et J,000 cavaliers. Le roi de France avait consenti le double, et les ambassadeurs suppliaient Jacques de ne pas se montrer moins généreux.
Jacques répondit que l'Union avait sa pleine approbation, et « qu'il se comporterait envers elle aussi généreusement que les Unis pouvaient le désirer; pour la protection du Juliers, il avait déjà
' UiiTEii, l. ni, p. loa, u' Gl, note 1.
DERNIERS PROJETS d'hENRI IV. 1610. 645
prorais beaucoup ; en cas de nécessité, il ferait plus encore, jusqu'à la conclusion de l'affaire *. Le secours anglais consenti vers la fin de février était de 4,000 hommes^.
Henri IV était sûr de la victoire, et la voyait toute proche. Il dit à l'ambassadeur de Venise « qu'il saurait conduire la campagne de main de maître, qu'il attaquerait de tous les côtés à la fois la Maison de Habsbourg, qu'il était sûr de l'appui de l'Angleterre, du Danemark, des Pays-Bas, des princes allemands unis, de la Savoie, des Grisons et de quelques princes italiens, et que Venise verrait bientôt comment d'un bond et sans grandes difficultés on peut passer de la paix à la victoire, surtout étant donné la faiblesse de l'Espagne 3. Après qu'un traité eut été signé entre la France et Charles- Emmanuel (26 avril 1610), Henri écrivait le 2 mai à Boissise qu'il espérait bien avant la fin du mois avoir mis sur pied une armée de 30,000 hommes. A la vérité, les Etats-Généraux semblaient peu disposés à rompre si vite l'armistice conclu avec l'Espagne, mais ils avaient néanmoins promis d'envoyer aux princes possédants 12,000 hommes de pied et 1,600 cavaliers. Maurice de Hesse devait opérer une jonction entre ces troupes et toutes les forces de l'Union dont il pourrait disposer. Le même jour, Henri pressait Christian d'Anhalt, qui était déjà dans les Pays-Bas, d'aller en avant sans rien craindre, d'agir avec vigueur, affirmant que ses adversaires, comme il le savait de bonne source, étaient mal instruits, craintifs et faibles'*. A cette même date, Christian et son armée, renforcée de dix-huit compagnies envoyées par les États-Généraux, avait surpris l'infanterie de l'archiduc Leopold dans le Juliers, et, comme il le mandait à sa femme, « il avait remporté une victoire assez importante ». Le 7 mai, il confiait à l'ambassadeur français Boissise sa résolution de commencer la guerre par l'envahissement des états de l'archiduc Albert. « Quant à Leopold,» écrivait Boissise, « il est sans argent, sans soldats, sans aucun appui, il n'est pas douteux qu'il ne soit bientôt forcé de renoncer au Juliers ^. » Albert sut éviter l'iuvasion dont il était menacé ; le 13 mai, il permettait à l'armée française de traverser le Luxembourg •^, et faisait assurer les
1 Ritter, t. III, pp. 224-227.
* Ritter, t. III, p. 124, Voy. la lettre dAerssen (13 mars 1610) à Euplessis- Mornay, t. XI, p. 2.
' Voy. HöFhER., Plan üeinrich's IV, p. 2b.
* Ritter, t. III, pp. :J29-2ai .
» Ritter, t. III, pp. 239, 242, 251-252.
" Voy. dans Cornelius, Der grosse Plan, la lettre d'Albert, p. 61, note 25. Hex- RARD, pp. 284-285. Sur la situation lamentable delà cour de Bruxelles, voy. Gar- DI.NER, t. II, p. 98.
646 ASSASSINAT DK HRNRI IV. ICIO.
princes unis de ses dispositions pacifiques i. A la tête de 2i, 000 hommes, Henri se disposait à entrer en Allemagne; une fois maître dti Juliers, il se proposait de porter la guerre en lJelgi(iue et de « délivrer » la princesse de Condé, lorsque, le 14 mai IGIO, le poignard de Ravaillac vint anéantir tous ses plans.
» Ritter, l. III, p. 238, no 136, note 1.