NOUVEAUX PLANS DE L'UNION
poisson! » Tout le inonde se tut. Le l"'" septembre, la forteresse de Juliers ouvrait ses portes aux assiégeants ^
Les confédérés hésitèrent alors un instant sur la marche qu'ils devaient suivre.
Le landgrave Maurice de Hesse, dès le commencement de juin, avait proposé à Christian d'Anhalt, aussitôt après la conquête de Juliers, d'envoyer les troupes qui, pour le moment, n'avaient rien de très important à faire, « se rafraîchir un peu dans les évêchés de Munster et de Paderborn w. Jean de Nassau approuva ce plan. « Si, après l'heureuse issue de l'expédition de Juliers, » écrivait-il le 17 juin à Maurice, « on permettait aux soldats d'aller se reposer quelque temps dans les terres papistes, on en retirerait de grands avantages. On aurait alors constamment sous la main des troupes fraîches et toutes disposées à combattre ; en même temps, les prêtres, forcés d'être toujours en haleine et sous les armes, épuiseraient peu à peu leurs n.-ssources. On pourrait aussi, prudemment et habilemont, exciter en sous-main les sujets contre leurs seigneurs. » Le comte Jean, que ses prédicants n'appelaient que « le champion du Seigneur, le défenseur du pur Évangile selon la doctrine de Calvin », trouvait très légitimes des plans de ce genre. Mais comme il n'avait pas assez d'influence ni de crédit pour décider la question, il conseillait au landgrave de prendre l'avis des princes possédants de Düsseldorf-. L'Electeur palatin avait écrit le 17 août au duc de Wurtemberg que puisque la conquête du Juliers était immi-r nente, il fallait rétléchir à ce qu'il conviendrait de faire pour remédier aux griefs depuis si longtemps mais si inutilement déplorés, et songer à l'intérêt général des Évangéliques. Si l'on ne mettait à profit les forces maintenant réunies, plus tard, il serait difficile d'en rassembler de semblables à l'heure du péril. Pour remédier aux abus, le moyen le plus aisé serait de garder sous les armes, après la conquête, une partie au moins de l'armée actuelle, et de rechercher l'appui du roi d'Angleterre et des États Généraux 3.
Le 17 septembre, après la conquête, l'Electeur palatin émit de nouveau l'opinion que, puis([u'on avait déjà pris tant d'avance sur la partie adverse, il ne restait plus qu'une chose à faire : maintenir des troupes dans le Bas-Rhin aussi bien que dans le Juliers, « pour remédier aux abus »et obtenir « une paix solide », c'est-à-dire une nouvelle constitution, conforme aux vœux des Unis. L'Électeur
* Ritter, Briefe und Acten, t. III, pp. 42Ö430.
* Ritter, Briefe und Acten, t. III, p. 288, note 1. 3 Ritter, t. III, pp, 414-413.