‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 298 sur 573 · ESPERANCES DU PARTI REVOLUTIONNAIRE INTERNATIONAL · texte numérisé non relu

ESPERANCES DU PARTI REVOLUTIONNAIRE INTERNATIONAL

que Mathias y serait invité en sa qualité de roi de Bohême. On résolut d'envoyer une ambassade à l'Empereur pour le prier de donner son autorisation à la Diète *.

Rodolphe la refusa; avant tout, il voulait rentrer en Allemagne, et, soutenu par les Uuis, « exterminer ses ennemis ». Le margrave d'Ansbach et le prince Jean d'Auhalt étaient alors à Prague. Du côté catholique, on craignait que l'Empereur n'abjurât sa religion; son alliance avec l'Union était sur le point de se conclure 2.

Le parti révolutionnaire international, resté sans chef depuis la mort d'Henri lY, reprenait courage. On attendait avec impatience le moment d'entrer en lice contre « la Bête romaine, l'Antéchrist et tous ses partisans ». « Un conspirateur vénitien écrivait le 16 août IGII à Duplessis-Mornay : « Tout notre etïbrt doit tendre à porter la guerre en Italie, surtout en ce moment, où le duc de Savoie semble bien disposé 3. » Duplessis invitait au même moment le roi d'Angleterre à donner le signal de la guerre de religion : « Comment ne hàterais-tu pas de tout ton pouvoir le moment où tu transperceras le Pape de ton glaive vengeur, toi qui, de ta plume, l'as déjà si glorieusement blessé? » « Dépose maintenant cette plume, ô grand roi I moi aussi, las d'écrire, je jette la mienne loin de moi. Ce siècle réclame d'autres actes; d'autres armes sont maintenant nécessaires : un nouveau Britanniens doit venir pour nous de Bretagne; il renversera sur le pont de Milvius ce Maxeuce cruel, cet autre Pharaon, le Pape. » Sans rien craindre et sans rien dissimuler, Jacques était invité à marcher sans tarder sur Rome : « 0 très illustre roi, puisse le Dieu bon et tout- puissant te protéger contre tes ennemis, toi qu'il a choisi pour détendre cette sainte cause! puisse-t-il te conserver à son Église, à ton royaume et à tous les chrétiens *! » Jacques répondit au mois d'octobre « qu'une guerre otiensive pour la cause de la religion n'était autorisée ni par la

' * Aasfiihrlicher vertraulich ev Bericht über der Kurfürstentag von Melchior Goldast von Haininr/sfeld (juriste altaché à l'ambassade de Mathias) an den liath zu Francfort (±^ nov. 1611) Reichstajsactea, t. XGIV, — folio 18. Opuscule aaonynie d'un gentilhomme de la suite de l'archevêque de Mayence. Il est date de INuremberg, 14 uov. 1611. Sknke.nberg, t. XXIII, pp. 432-445. Sode>!, Krie'jsund Siltengesch., t. 1, pp. 1S7, iSiJ, 186-187, 207-241, 234.

* l^our plus de détails, voy. Gindely, t. 11, pp. 310-336. Cülümecky, t. I, pp. 778-

^... « de quelqu'endroict quela guerre nous vienne, elle ne peult être sans insignes progrès... et c'est là ou doilt estre toute notre mire, et notamment en ceste saison que nous avons ce duc de Savoye, qui seul entre les princes d'Italie la recherche ; car tant que ce cœur ci battra en son aise, il ne f'aull espérer la chute de ceste grande beste. » Lettre d'Asselineau. Duplessis-Mor>ay, t. XI, p. 268.

• Epistola suasoriu en tète du livre intitule: Mysterium Iniquitatis seu Historia Pa/?fl/(is (1611). Voy. Kow.vllek, pp. 434-433.

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