‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 299 sur 573 · MORT DE RODOLPHE. 1G · texte numérisé non relu

MORT DE RODOLPHE. 1G

Sainte-Ecriture, ni par la doctrine de l'ancienne Eglise; que l'armée dont il pouvait disposer était trop faible pour qu'il pût espérer « porter un coup mortel à la Bête romaine », mais qu'il s'engageait à faire tous ses efforts pour unir les princes protestants, afin que tous ensemble pussent vaincre Satan et celui qui tenait sa place à Rome *. Duplessis espérait donc plus que jamais que la guerre éclaterait bientôt en Allemagne. « L'Empereur, » mandait-il à Venise à la fin de décembre, « se rapproche des Unis, dont le nombre croît tous les jours ; à Heidelberg, leurs délégués vont se réunir pour traiter des questions de la plus haute importance. Les rois de France, d'Angleterre et de Danemark y seront représentés par des délégués qui ont toute leur confiance "^. »

Hans Reinhard Brömser, vidame de Maycnce, que les Électeurs avaient envoyé en ambassade à Rodolphe, craignait, pour le printemps suivant, l'explosion d'une terrible guerre.

A ce moment suprême, l'Empereur mourut. L'hydropisie s'était déclarée; une plaie s'ouvrit dans la jambe, et après quelques jours de vive souffrance, l'Empereur s'éteignit (20 janvier 1612) ^.

« Cette mort est un grand bonheur pour l'Empire, » écrivait Brömser le 13 février. » « Si Rodolphe était revenu en Allemagne, il eût servi de jouet à ses ennemis. Un formidable orage se serait déchaîné contre les Catholiques; ce qu'on n'avait pu faire en KilO se serait accompli; tous les vœux des Évangéliques eussent été accomplis; la justice n'aurait rendu ses arrêts qu'avec leur permission, le culte calviniste eût été imposé à l'Empire, et peu à peu les évéchés et archevêchés eussent été transformés en seigneuries et en domaines laïques. Mais la mort de l'Empereur semble écarter pour le moment le danger d'une guerre civile. Pour combien de temps? Cela dépendra de ceux qui veulent sérieusement la paix. Si les membres d'Empire catholiques et luthériens ne s'unissent pas pour la défense commune, le jour est proche où les furies de la guerre, appelées par l'étranger, se déchaîneront en Allemagne, et ce jourlà, finis Germanix ^. »

» Le 7 octobre 1611, Duplessis-Mobnay, t. XI, pp. 310-3H.

- Lettre d'Asselineaii à Duplessis-Mornay. Duplessis-Mornay, t. XL P- 374.

" ** Voy. Stiève, Allffetn. deutscher Biographie, t. XXIX, p. 514.

* A Charles d'Egeuolph à Francfort-sur-le-Mein, Iti janvier et 13 février 1612.

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