‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 305 sur 573 · LE DUC DE BAVIÈRE CONTRE LKS RÉCLAMATIONS DES PROTESTANTS. 1612. G9I · texte numérisé non relu

LE DUC DE BAVIÈRE CONTRE LKS RÉCLAMATIONS DES PROTESTANTS. 1612. G9I

pas à la Diète sans avoir rien prévu, sans s'être préparés d'avance à soutenir la lutte. S'ils ont peur, l'Empereur verra s'évanouir toutes ses espérances, et la canse catholique sera dans le plus extrême péril 1. »

On soutenait à la cour de Vienne que puisqu'on était destitué de tout moyen de résistance, il fallait retirer la loi sur la Réserve ecclésiastique et« modifier » la paix de religion dans le sens protestant. Maxirailien de Bavière combattait de toutes ses forces cette opinion : « On ne peut pas, on ne doit pas, » dit- il dans une instruction à ses ambassadeurs, « accorder le siège et la voix aux usurpateurs, car ce serait agir contre la paix de religion. Si l'on cède sur ce point, les Protestants poursuivront très certainement leurs attentats, et les princes laïques se mettront tranquillement à la place des archevêques, des évoques et des abbés. Dès maintenant, il ne s'agit plus seulement de Magdebourg, mais de l'archevêché de Brème, des évêchés d'JIalberstadt, de Minden, de Verden, d'Osnabruck, de Lübeck, etc., en tout seize évêcliés. Si nous accordons le siège et la voix aux Protestants, nos adversaires pourront compter sur seize nouveaux suHrages, ils formeront la majorité, ils décideront sur toutes les questions dans les assemblées, et tout dépendra de leur bon plaisir. Avant peu, c'en sera fait de la religion catholique dans l'Empire. La chose est d'autant plus certaine que dans les conseils de ville, les Protestants ont déjà la majorité. A l'avenir donc, aucun membre catholique ne pourra obtenir justice; aussitôt qu'il aura à se plaindre d'un membre protestant, on fera de sa juste plainte une question de religion ; on prétendra que sa cause ne peutétrejugée par le Conseil aulique, et que c'est à la Diète à décider. Or, à la Diète, ils auront la majorité. Il importe de peser les conséquences de nos actes : un peu plus tard, on contraindra les villes d'Empire catholiques à accorder aux Protestants le libre exercice de leur religion et l'entrée au conseil et aux charges publiques ; peu à peu on forcera de même tous les évêques et seigneurs catholiques à accorder la complète liberté du culte luthérien ou du culte calviniste dans leurs domaines ; comment espérer s'entendre jamais avec de tels adversaires? ils ont signé le traité de Passau et la paix de religion; ils ont solennellement juré d'en respecter

' Voy. Höfler, Fränkische Studien, pp. 28-28.5. Au mois d'octobre 161:2, 1 cvêquc d'Augsbourg, Henri de Knorinçen, renseignait !c Pape sur l'organisation et le but de la ligue, à la formation de laquelle il avait beaucoup contribué. Selon lui, la jjIus étroite union entre les Catholiques était l'unique moyen de parer les coups des hérétiques, « ad resisLendum eorum coaatibus et c.itholicos omucs, inipriaiis autcm ecclcsiaslicus ab eorum iavasiouibus securos praeslaudos. » Voy. Steicuell:, Doc.,t. l,p. 66.

G02 ASSEMBLÉE DE LA LIGUE CATHOLIQUE A FBANCFOHÏ-SUn-LE-MEIN. 1G13.

les articles, et malgré les textes les plus clairs, ils cnt, depuis lors, confisqué abbayes et couvents toutes les l'ois (jiie l'occasion s'en est présentée. »

Maximilien ne pouvait admettre que le peu de ressources dont les Catholiques pouvaient disposer i'ût pour eux une raison de céder : '< Si seulement, » disait-il,« les membres catholiques s'entendaient, s'unissaient, aucun danger ne les menacerait, ils ne courraient point le risque d'être dévorés par les loups protestants! Le Pape, l'Espagne, les Suisses catholiques, le stathouder des Flandres espagnoles, les princes italiens et la Maison de Lorraine sont avec eux en bonne correspondance ; ils no verraient piS avec inditrérenoe l'Église Catholique opprimée. Et quand bien même la victoire resterait à nos adversaires, nous aurions du moins sauvé notre honneur en luttant pour notre défense! si nousdevons tout perdre, nous serions justifiés devant Dieu et devant les hommes. Ne serait-ce pas pour nous une honte éternelki de nous laisser prendre ce qui est nôtre sans avoir même essayé de résister? Ce serait là vraiment trahir l'Eglise! Si nos prédécesseurs avaient montré plus d'énergie, la situation actuelle eût été impossible, et nous ne serions pas dans le labyrinthe oîi nous nous égarons. »

Maximilien était résolu à agir conformément à ces principes. Voici ce qu'il proposait de faire : Éviter tout ce qui pourrait donner de l'ombrage à la Maison de Saxe, afin qu'elle n'ait aucune raison de craindre un piège; assurer les villes d'Empire que, du côté des Catholiques, on ne désirait point sortir du statu quo, et qu'on resterait inviolablement attaclié aux articles de la paix de religion. A la Diète, dans le cas où les Catholiques seraient vivement sollicités par l'Empereur d'abolir leur ligue, ne consentir à désarmer (jue lorsqu'on aurait reçu de sûres garanties qu'il n'en Résulterait rien de funeste pour la bonne cause, et qu'on n'aurait pas à s'en repentira

Grâce aux efforts du duc de Bavière, les membres de la ligue se réunirent à Francfort le 11 mars 1613, et les résolutions suivantes furent adoptées :

I. — A l'avenir comme par le passé, les Catholiques sont résolus à maintenir la paix de religion intégralement et loyalement. Si les Prolestants demandent que le traité soit renouvelé dans le sens où il l'a été à Augsbourg en 1566, ils pourront y consentir, à condition que ce renouvellement s'opîre vraiment pour le motif qu'ils invoquent, c'est-à-dire de manière à ce qu'il soit dé-

' WoLF, t. III, pp. 340-3ü0.

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