‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 310 sur 573 · DÉCRET DE RÉFORME DU COMTE PALATIN WOLCANG-GUILLAUME · texte numérisé non relu

DÉCRET DE RÉFORME DU COMTE PALATIN WOLCANG-GUILLAUME

évêchés du Rhin, il fut décidi'^ à l'unanimité, à rassemblée d'Ingolstadt (juillet i614), qu'on irait au secours du comte palatin et qu'on arrêterait, autant que la chose serait possible, « pour sauver sa propre maison, l'incendie allumé dans la maison du voisin ». Comment s'o[)poser à un si puissant ennemi? Après les évêchés du Rhin, qui l'empêcherait do conquérir les autres, de ruiner entièrement la religion catholique en Allemagne et do s'y établir en arbitre et en maître? N'élait-il pas appuyé par le Brandebourg, les correspondants d'Allemagne et le roi d'Angleterre *? l'ourtous ces motifs, la ligue accorda au comte palatin un secours de 80,000 florins-. Celui-ci était maintenant seul maître à Düsseldorf et, le 25 mai, il avait fait solennellement sa profession de foi catholique.

Son père Philippe-Louis étant mort, il recueillit au mois d'août la succession de Neubourg. Il accorda aux. Luthériens la pleine liberté de leur culte; mais en même temps il stipula que tous ses sujets catholiques seraient libres de confesser librement leur foi et de pratiquer leur religion. Tout ce i[ui appartient au culte catholique : messes, processions, prédications, fondations d'écoles, catéchismes, pèlerinages, fut restauré dans le pays. « Le comte Otto Henri, » déclara le comte aux États, « a introduit sans condition lo culte luthérien dans ses domaines; on ne peut donc me refuser, à moi son successeur, l'exercice du môme droit; on ne peut m'empêcher d'autoriser mes sujets à rentrer dans le giron de l'Église Catholique, leur sainte, vieille et vénérée mère 3. » Les prédicants luthériens furent invités à ne plus insulter, soit en chaire soit ailleurs, le souverain catholique ou ses sujets; défense leur fut faite d'insulter et de calomnier à l'avenir l'Église romaine ; les Catholiques furent exhortés à garder la même modération envers leurs adversaires religieux. On édicta des punitions sévères contre quiconque transgresserait l'édit^. La seule contrainte imposée aux consciences fut l'interdiction de la viande aux jours d'abstinence prescrits par rÉglise, soit dans les banquets publics, soit dans les hôtelleries ^.

» WoLF, Maa;imilian, t. III. pp. 625-626, 631.

2 WoLF, t. III, p. 638, note 2.

^ LrpowsKY, Gesch. der Landstände von Pfals-Neubourff, p. 116 (1861).

* Philippe-Louis, père du comte palatin, avait agi bien différemment avec les Catholiques. Dans la prière ajoutée par lui à l'office du dimanche, ils sont appelés « idolâtres, loups ravisseurs », etc. ; et l'Eglise Catholique une « caverne de voleurs ». On s'était efforcé d'inspirer au peuple de l'effroi et de l'horreur pour la religion de son futur souverain. Voy. Menzel, t. III, p. 235. Zierxgiebl, pp. 360-361. L'édit de Wolfgang-Guillaume accordant aux Catholiques les mêmes droits religieux qu'aux Protestants passa pour «une violence impie ».

^ Meteren, Niederländische Gesch. Suite II, livre 32, p. 530.

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