‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 317 sur 573 · MAXIMILIEX DE BAVIÈRE CONTRE LE DIRECTOIRE AUTRICHIEN'. 1G · texte numérisé non relu

MAXIMILIEX DE BAVIÈRE CONTRE LE DIRECTOIRE AUTRICHIEN'. 1G

et des intérêts différents se mêleraient pour eux à la question principale. Outre cela, d'après la nouvelle organisation, avant d'en venir à une action décisive, de décider une bataille, d'adopter un plan de campagne, il faudrait obtenir l'assentiment de TEmpereur. C'était mettre entre les mains de Klesl, « le directeur de Mathias, » la suprême conduite de la ligue. « Il n'est pas besoin d'être doué d'une grande perspicacité, » disaient encore les conseillers du duc, « pour comprendre qu'on ne peut attendre de bons résultats d'un pareil système. » « Le caractère des ministres autrichiens est ordinairement impérieux, » ajoutait Maximilicn ; « la manière dont ils gouvernent, le peu de respect qu'ils ont pour les Électeurs et les membres catholiques sont choses malheureusement très connues. Si nos adversaires nous attaquent à l'improviste, s'ils nous pillent, s'ils confisquent abbayes et couvents, les réduisent à la plus extrême détresse, et si nous sommes dans la nécessité de nous défendre, il est facile à prévoir que ces minisires, décideront de tout d'après leur intérêt et leur bon plaisir ». Maxirailien redoutait aussi pour la ligue catholique la fusion avec l'armée d'Autriche. « Chacun sait, » disait-il, « jusqu'où montent les appointements des officiers autrichiens, c'est une prodigalité ou pour mieux dire une extravagance inouïe; un chef militaire touche souvent une somme équivalente aux contributions de sept ou huit membres de notre ligue. Ces abus se glisseront aussi dans le directoire bavarois; mais ce qui est plus grave, c'est qu'en s'unissant à l'Autriche l'union catholique sera entraînée dans les guerres et dans les querelles de l'Empire. Mathias n'est déjà plus obéi dans la plus grande partie de ses domaines; il n'a pas le droit d'enrôler 500 hommes sans le consentement des États; une sédition générale est imminente en Hongrie, en Bohême, en Silésie et en Moravie* La cause catholique serait assujettie aux intérêts de l'Autriche. Pour toutes ces raisons leduc refusa de ratifier les résolutions de Ralisbonne; mais il eût été grave de laisser se disperser les forces déjà réunies:aussi crut-on, à Munich, que le meilleur partira prendre était d'organiser une « ligue défensive restreinte :» entre certains membres de la Haute-Allemagne, en s'en tenant au premier plan. Peut-être les secours promis par l'Espagne et par Rome feraient-ils défaut; jusque-là ils s'étaient réduits à peu de chose, mais néanmoins si les Unis voyaient quelques membres d'Empire catho-

' Recez des Etats de la ligue àRatisbonne, 23 oct. 1613. Woif, t. ]1I, pp. 469 478. Mémoire des conseillers de Bavière sur le recez, pp. 478-485. Instrurfion de Maximiliea pour les Etats de la ligue à AugsLourg, 2() janv. 1614, pp. LC3-oG9.

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liques véritablement décidés à se défendre, on pouvait espérer qu'ils réllécliiraient, et ne so décideraient pas si i'aciieinent à troubler et à attaquer leurs adversaires. Les catiioliques du Rhin, avec lesquels il serait nécessaire d'entretenir des rapports affectueux, se joindraient sans aucun doute à leurs coreligionnaires; dès lors on pourrait peut-être se croire à l'abri du péril. Si les adversaires engageaient une action générale, il ne serait pas impossible d'unir toutes les forces catholiques, et alors, selon l'occasion, le point menacé et l'imminence du péril, on verrait à qui il serait plus avantageux de conlier le suprême commandement i. »

En mars 1G14, ce [)lan l'ut adopté : « La ligue restreinte » s'organisa entre la Bavière, les évêques de Bamberg, de Wurzbourg, d'Eichstadt, d'Augsbourg et le prévôt d'Elhvangen -. En juin, les membres du pays rhénan s'assemblèrent à Bingen, et déclarèrent leur intention de s'en tenir au plan de Ratisbonne, de chercher à décider le duc de Lorraine à faire partie do leur confédération, et de demander des secours à l'archiduc Albert, afin que, dans le cas où les Unis recevraient assistance des États-Généraux, soit ouvertement, pardes forces militaires, soit en secret, par des envois d'argent, Albert prit l'engagement de venir en aide aux. Catholiques de la même manière et dans la même mesure ^.

En réalité, bien que tout le monde comprit de plus en plus l'imminence du danger, la ligue défensive catholique voyait décroître de jour en jour sa force et son importance.

Tandis que la Bavière et le « directoire rhénan » s'organisaient séparément, l'archiduc Maximilien, peu satisfait de la situation qui lui avait été faite à RatibbonnC;, demandait quel'évêché d'Augsbourg et la prévôté d'ElIwangen fussent placés sous le directoire autrichien; ce ne serait, dit-il, que lorsqu'il aurait obtenu satisfaction sur ce point qu'il consentirait à faire connaître « ses autres griefs ». Il semblait qu'une étrange fatalité s'attachât sans cesse à tous les plans des Catholiques. L'archiduc .souleva encore d'autres difticultés : il prétendit que le duc de Bavière devait lui céder « les terres et les sujets -» établis sur le Lech, affirmant que la Bavière ne s'étendait que jusqu'à ce lleuve, et n'avait aucun droit au-delà. Le duc, étonné d'une prétention si nouvelle, écrivait à son frère Ferdinand : (( Il faut toujours que tout se tourne contre moi; de tous eûtes on cherche des occasions et des motifs de me nuire et de

' WoLF, t. III, pp. 484-485.

î WoLF, t. III, pp. 586-597.

3 WoLF, t. III, pp. 606-615.

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