DISSOLUTION DE LA LIGUE CATHOLIQUR
prendre ce qui est à moi i. » A l'instante prière de l'Électeur de Maycnce, il céda l'évêché d'Augsbourg au directoire autrichien; mais en même temps, au commencement de 1G16, il renonça pour toujours à diriger la ligue. Dans un mémoire détaillé, il exposa les motifs d'une décision désormais irrévocable. « Notre intention n'est point de nous séparer entièrement des Catholiques, » affirraat-il de nouveau, « au contraire, autant que la chose sera possible, nous garderons toute notre sollicitude aux membres d'Empire de notre religion. » Les évêques de Bamberg et de Wurzbpurg firent les plus vives itistances auprès de lui pour le faire revenir sur sa résolution. « Ils avaient mis en lui, » dirent-ils, « leur unique espérance et consolation, et jamais ils no pourraient se résoudre à accepter un autre directeur; s'il se retirait, la ligue allait infailliblement se dissoudre; les ennemis, voyant les Catholiques désunis et sans défense, allaient profiter d'un moment si favorable pour les attaquer et les perdre; c'en serait fait alors delà patrie et de la religion. Peu de temps auparavant les Protestants n'avaient-ils pas avoué eux-mêmes que sans la crainte que leur avait inspirée laBavière ils se seraient comportés tout autrement; envers les évêchés? A la vérité, le duc n'était pas exposé aux mômes périls que les évêques, puisqu'on en voulait plus aux évêchés qu'aux territoires des princes; mais si les ennemis réussissaient dans leur entreprise impie, s'ils détruisaient le culte catholique, les débris du culte aboli sauteraient jusqu'en Bavière, et il en serait de Maximilien comme du roi d'Espagne, qui avait eu tant àsoufirir de ses sujets naturels à cause de la religion. Mais rien ne put fléchir le duc. En avril IGIO, les membres d'Empire qui avaient adhéré à la « ligue restreinte » lui envoyèrent un ambassadeur pour lui déclarer qu'ils étaient prêts maintenant non pas à faire de légers sacrifices, mais à exposer tous leurs biens pour la bonne cause. Ils le supplièrent de réfléchir encore aux conséquences de son refus.« N'est-il pas déplorable, »direntils, « que le lien fraternel qui parla grâce de Dieuavait uni les membres catholiques soit s: vite rompu, tandis que celui que l'esprit de contradiction a noué parmi les Protestants reste solide en dépit des difficultés survenues, des menaces et défenses de l'Empereur, de la vive désapprobation des Électeurs catholiques, des princes et membres d'Empire, du profond déplaisir de quelques princes protestants, du lamentable cri de détresse des pauvres sujets dépouillés 2?» Maximilien resta inébranlable, répétant « qu'il ne lui convenait pas d'être le très humble vassal de l'Autriche ».
* Breyek, t. I, p. 2o, note 12.
2 Breyer, t. 1, pp. 10-36.
744 DISSOLUTION DE LA I.lf.UE CATHOLIQUE. 1617.
Sa retraite entraîna la pres(]ue complète dissolution de la ligue catholique. Cependant un accord l'ut conclu entre la Bavière, les évêques de Bamberg, de Wurzbourg, d'Eischtadt et la prévôté d'Ellwanzen en mai 1017. Un refusa d'y admettre le frère de Maximilien, l'Électeur de Cologne », et pourtant ce prince avait grand besoin d'être secouru. « Il y a peu de jours, » écrivait-il le 13 avril 1617 à son frère, « le général Gent, qui est au service des États Généraux, a pénétré dans mon évOclié de Munster; il venait du pays de Gueldrc, avec dix-neuf compagnies de chevaux et deux mille soldats, et demandait permission de conduire son armée en France; il s'est emparé du bourg de Stadtlohn, que ses troupes ont pillé; de plus ils ont maltraité, puis mis à mort le bourgmestre et plusieurs bourgeois; tout a été saccagé sur leur passage, ce Après s'être livré aux pires excès dans les évêchés, après avoir traité les pauvres gens avec la dernière dureté, cette horde s'est abattue dans l'évêché de Paderborn, et là aussi a dévasté et pillé sans pitié. On a été obligé de donner 3000 Ihalers d'Empire pour acheter leur départ. » « N'est-il pas déplorable de voir en quel mépris est tombé le Saint-Empire romain! Le premier venu, la première bande qui survient peut se frayer un passage à travers nos territoires sans le moindre prétexte d'attaque, sans fournir la moindre caution, au préjudice irrémédiable et terrible des pauvres envahis, et sans qu'on leur oppose aucune résistance. Tout cela vient de la malheureuse dissolution de notre ligue, car on ne peut compter sur aucune assistance, et moi, en particulier, je n'obtiens rien pour la défense de mes évêchés 2. »
« Breyer, t. I, pp. 90-97.
- Breyer, t. 1, pp. 13-15, note.