‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 354 sur 573 · ARCHITECTURE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE RELIGIEUSE

remarquables, même dans les pays restés fidèles à l'ancien culte '.A Magdebourg jusqu'en 1520;, à Zerbst jusqu'en 1530. à Zwickau jusqu'en 1556, à Mersebourg jusqu'en 1540, à Xanten (bas Rbin) jusqu'en 1525, à Lüdinghausen jusqu'en 1558, àMunster jusqu'en 1568, en d'autres villes encore, les nouvelles églises conservent le style gothique. En Bavière, en Souabe, une ardeur assez marquée pour la construction d'édifices religieux persiste quelque temps : à Amberg jusqu'en 1534, à Freising jusqu'en 1545, à Scheyern jusqu'en 1565, à Lauingen jusqu'en 1576, à Landshut jusqu'en 1580, à Böblingen jusqu'en 1587; à Augsbourg, les travaux de Saint-Ulrich se poursuivent jusqu'en 1594^.

Jules de Mespelbrunn, prince évêque de Wurtzbourg, se distingue entre tous les princes ecclésiastiques de son temps par son zèle pour l'érection de nouvelles églises (1573-1618). Depuis son avènement jusqu'à sa mort, il fit élever ou restaurer dans son diocèse plus de trois cents églises ^ On lui doit l'hôpital Saint-Jules et l'Université de Wurtzbourg, avec sa belle église. Il n'employait que des architectes allemands; cependant, en 1609, cédant au préjugé général, il crut devoir donner à un artiste italien le titre d'architecte de la cathédrale *. On reconnaît aisément les édifices qu'il fit construire « à leurs clochers aigus, qui semblent désigner aux regards de tous », écrit l'un de ses biographes, « les terres, les possessions de Jules, évêque de Wurtzbourg et duc de Franconie ^ » Ces nouvelles églises n'ont aucun style particulier: l'évêque

plusieurs, de sorte que la façade se trouve partagée eu groupes, ce qui produit un effet riche et pittoresque. Rendons aussi justice au.x maisons de la fin du seizième siècle et du commencement du dix-septième. Leur disposition gracieuse, leur architecture pittoresque, leur riche ornementation produisent un ensemble du plus heureux effet. Ce n'est qu'au cours de la guerre de Trente ans que commence, pour l'architecture de bois, la période de complète décadence; ses particularités caractéristiques sont complètement sacrifiées; enfin disparaissent à leur tour les consoles des étages, et avec elles la dernière réminiscence de l'art du moyen âge. » (Sur les monuments d'Hildesheim, voyez, avec l'ouvrage de G. Lachner, le travail si remarquable du pasteur Graen; voy. Jahresbericht des Gôrres-Vereins, 1891.)

' Voy. LÙBKE, Renaissance in Deutschland, t. II, p. 230; Naümanx, p. 112, 113.

- II. Otte, Handbuch der kirchlichen Kunstarchcologie, p. S06 et suiv.

" Dans le Fränkischen Ehrenpreis de 1604, il est parlé avec éloge des nombreux édifices religieux qui s'élèvent de tous côtés :

N'est-il pas merveilleu.v

Que sous le règne d'un seul prélat

Tant de nouvelles églises aient été élevées.

Tant d'autres restaurées.

Agrandies, embellies, ornées?

* Pour plus de détail sur les constructions et sur l'œuvre artistique de l'évêque, voy. NiEDERMAYR, KunsUjeschichte von Würzburg (Wurtzbourg, 1860), p. 265-280. Voy. SiGHART, p. 678 et suiv.

'" NiEDERMAYR, p. 271; BucHixGER, JuHus Echler von Mespelbrunn, p. 206.

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