SCULPTURE
construction de sa résidence d'Inspruck et d'Ambras, il dépensa 380^000 florins, malgré le délabrement de ses finances et les murmures des f conseillers du trésor t , qui lui répétaient chaque année quil leur était impossible d'établir la balance de ses comptes, et qu'il était « peu glorieux à un prince de bâtir à crédit ' » .
Le nouveau palais que le duc Maximilien I" fit élever à Munich est incontestablement le plus grandiose et le plus richement orné de cette époque (1600 et 1616). Il fut exécuté daprès les plans, et vraisemblablement sous la direction de l'architecte hollandais Pierre de Witte qui, depuis peu, avait changé son nom en celui de Pietro Gandido. Ce palais coûta environ 1,200,000 florins. Les contemporains le regardaient comme une des merveilles du monde. Le roi de Suède Gustave-Adolphe ne se consolait pas, dit-on, de ne pouvoir le faire transporter à Stockholm. Il comparait Munich « à une selle d'or attachée sur une maigre jument * " .
L'embellissement et la décoration des châteaux princiers, des maisons de plaisance, des hôtels de ville et des riches demeures particulières, la construction de fastueuses fontaines publiques, les bustes, statues, chaires et tombeaux qui ornaient les églises, procuraient aux sculpteurs des travaux en abondance; malheureusement ce qu'ils produisirent dans le nouveau style est, en général, moins satisfaisant encore que ce que nous a légué l'architecture de ce temps '.
' HiRN, 1. 1, p. 387-388 ; « Le mauvais état de ses finances ne put refroidir le zèle du prince. Les ouvriers de la capitale et des environs étaient tous employés par la cour, et les particuliers devaient souvent faire venir des ouvriers de bien loin. » — Mais en général il n'y avait guère que la cour qui bâtissait. Dans tout le reste du pays, comme dans toutes les principautés allemandes, à cette date, on se souciait peu de construire. « Je ne pourrais citer dans l'architecture de cette époque que bien peu de monuments dignes d'intéresser notre temps, >• dit Hirn, p. 391.
-Ree, p. 152-196; Lubke, Renaissance, t. II, p. 26-30;" Haitle, Die Residenz in München, Bamberg, 1892. Voy. aussi Gdrlitt, p. 39.
■' « L'époque tant célébrée de la Renaissance est en réalité le temps de la proonde décadence de l'art plastique. Le sens artistique s'éteint lentement, et fait place à une beauté de formes toute conventionnelle et sans vie. Enfin toute flamme, tout élan, toute originalité disparaissent entièrement. Pourtant les sculpteurs avaient alors de nombreuses occasions de se signaler. L'Allemagne peut montrer encore avec fierté toute une série de monuments beaux et imposants, datant précisément de cette époque; mais le fait que tous, presque sans exception, ont été exécutés par des artistes étrangers, prouve avec évidence l'impuissance de notre art national. Un demi-siècle avant que l'Allemagne ne devint le champ de bataille tumultueux ou luttent avec àpreté