‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 372 sur 573 · PEINTRES DE COUR · texte numérisé non relu

PEINTRES DE COUR

écoles allemandes; Schwartz, au contraire, subit à la fin de sa vie linlluence de son maître le Tintoret. a C'est un disciple enthousiaste de lécole italienne, » écrivait Charles de Mander, « c'est-à-dire une perle rare parmi nos artistes allemands '. » La corporation des peintres de Munich le proclama patron de tous les peintres de l'Allemagne-. Sa plus célèbre composition, la Victoire de saint Michel sur Lucifer, surmonte le maître-autel de l'église Saint-Michel, à Munich. Quant aux tableaux du peintre de cour Frédéric Sustris, la plupart ne sont connus que par la gravure.

Les peintres de Munich, mieux partagés que ceux des autres cours princières, étaient généreusement récompensés. Sustris recevait annuellement jusqu'à 600 florins ; les appointements du peintre italien Antonio Mario Viviani s'élevèrent même jusqu'à 1,400 florins; Pierre Candid, artiste très fécond, touchait un traitement annuel de 500 florins, sans compter nombre de riches présents \

Dans l'Allemagne du nord, le sort des peintres de cour semble avoir été moins digne d'envie. Une lettre de commande, adressée par le duc Jules de Brunswick, le 4 avril 1572, à son peintre ordinaire David Hammerdey , nous édiOe sur les prodigieuses exigences des princes. Pour de misérables salaires, ils réclamaient de leurs peintres des travaux presque inexécutables, dans l'ignorance absolue où ils étaient des choses de l'art. Jules demande au malheureux artiste de représenter « le mieux, le plus promptement et le plus économiquement possible, comme il convient à l'art de la peinture : d'abord les possessions minières de Son Altesse dans toute leur magnificence, les étangs, les montagnes environnantes, les vallées, les forêts, les prairies, avec tous les divers corps de bâtiments qui s'y rencontrent : ateliers, baraquements, ainsi que toutes les particularités intéressantes qu'il pourraremarquer sur et sous terre ; ensuite, les difl'érents ouvriers qui y travaillent, chacun selon son métier spécial. Deuxièmement, les galeries, les puits, tous les fleuves, ruisseaux, sources ou fontaines, les mines proprement dites, la forge à monnaie, les maisons et les rues ouvrières, avec la vue de tout le Harz; de plus, dans les espaces restés vides du tableau, toutes sortes de gibier et d'oiseaux, des chasses, des combats de sauvages, de héros fabuleux

> Van Mander, f. 358.

- Ree, p. 22. Voy. Sic-hart, p. 707. Ferdinand I" regardait Jacques Seisenecker (1567) comme le meilleur portraitiste de son temps. Mais, en s'efforçant d'imiter le Titien, l'artiste devint aride et plat. « Son beau côté, c'était la précision, l'exactitude, la conscience allemande « (V. Lützow, Zeitschrift, t. X, p. 154-158).

*Ree, p. 34, 50, 64 et suiv.; p. 260-266. Voy. la liste alphabétique des nombreuses œuvres de Candid. — Georges Hofnage],dAnvers, peignit à Munich pour Guillaume V et Maximilien I" « un grand nombre de ravissants petits paysages, pour lesquels il fut largement rétribué, touchant en une seule fois jusqu'à 575 florins (1561) « (Trautmann, dans le Jahrbuch für Münchener Gesch., t. I, p. 28).

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