‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 373 sur 573 · PEINT UES DE PORTRAITS · texte numérisé non relu

PEINT UES DE PORTRAITS

et de nains, ou autres sujets propres à récréer les yeux. Troisièmement, le cours des lleuves, de Goslar à Wolfenbüttel et de Wolfenbüttel à Celle^ avec toutes les choses dignes de remarque des environs. Quatrièmement, quantité de quadrupèdes et doiseaux de terre et de mer, chacun selon son genre et ses mœurs, et aussi ce qui intéresse la vénerie et la fauconnerie, avec les différentes manières dont les animaux doivent être chassés et capturés. Cinquièmement^ d'abord un homme nu, ensuite un homme habillé ; puis une femme nue et une femme habillée, en commençant par les montrer tels quils apparurent quand ils sortirent du ventre de leur mère, puis aux différents âges de leur vie, de degré en degré, en marquant exactement leur croissance et leur déclin, jus(iu'à leur mort. » Le peintre devait présenter au moins dix âges difft'rents, s'il ne pouvait davantage; et à tous les âges, Thomme et la femme devaient être représentés d'abord nus, ensuite habillés. Enfin tous deux devaient être montrés enveloppés de suaires et ensevelis. « Tous ces morceaux, pour lesquels on a commandé le matériel nécessaire, seront exécutés comme le prince le souhaite, et comme on le lui indiquera à mesure. » Pendant tout le temjDs que durerait son travail, Hammerdey devait être logé, nourri, chauffé; toutes les semaines, il devait recevoir un thaler, et tous les ans un vêtement d'été et un vêtement d'hiver; en outre, le duc lui promettait une gratification dans le cas où il serait complètement satisfait de son travail'.

Henri Godig, peintre de la cour de Saxe, dut se contenter, à dater de 1573, d'un traitement annuel de 100 fiorins; entre autres travaux, il avait reçu l'ordre de peindre sur les murs dune des salles du château, « des lièvres habillés et non habillés, agissant comme des hommes. »

Mais la principale occupation des peintres de cour consistait à faire le portrait des grands -.

Le goût des portraits était devenu général. Le peintre Michel Janssen Miereveldi en peignit, dit-on jusqu'à 10,000 '. Christophe de Schallenl)erg (f 1597) avait ordonné à ses descendants, dans son testament, défaire faire leurs portraits tous les dix ans, avec tous les membres de leur famille. « quel que fût l'argentque cela dût coûter *. » Cette

' BoDMANN, Julius voH Braunscliiveiij , p. 237-239. Le peintre qu'Henri le Vieu.v attacha à sa cour en 1502, recevait 30 llorins d'appointements, de plus un bœuf engraissé, deux cochons enj^raissés, trois mesures de seigle et douze voies de bois (Mui.LEit, Zeitschrift für deulsche Calturgcscli., 1873, p. 520).

- Voy. Andkrsen', t. I. p. 71. « Les «euvres de Godig ne méritent d'arrêter l'attention que parce qu'elles mettent en pleine lumière la décadence de la peinture allemande à dater de la seconde moitié du seizième siècle, » dit von Eve (Führer durch das Museum des sachs. Alterthuvisvereins zu Dresden, p. 36).

" Rathgebeh, Annalen, p. 296.

* HoRMAYR, Taschenbuch, nouvelle suite, t. Vin, p. 224.

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