SALAIRE DES ARTISTES
Auguste trouva ce prix exorbitant^ et Granach ne toucha que 3 thalers ' .
Hans Wörnle, de Munich, peintre de la cour de liavière, fut plus heureux. Ayant peint un grand nombre de portraits représentant les anciens ducs de Bavière, portraits destinés à être donnés en présents, il reçut pour chacun d'eux 45 florins». Les peintres étrangers se montraient plus exigeants. Larchiduc Ferdinand II de Tyrol, lequel, au dire de Hans de Khevenhiller, poussait plus loin qu'aucun des princes ses contemporains le goût des collections de portraits et des curiosités artistiques, s'engagea à payer au peintre espagnol Alonzo Sanchez vingt-cinq ducats pour chaque copie de portraits des anciens rois d'Espagne. Au moment de livrer ses toiles, l'artiste demanda le double du prix convenu ^ Quant aux peintres chargés par Tarchiduc de décorer ses châteaux, ils étaient payés comme des ouvriers, presque à la toise *.
Les municipalités ne se montraient pas plus généreuses. Lorsque le conseil de Hanovre chargea Dietrich Wedermeyr, maître dun talent grave et d'un profond savoir, de représenter 1 histoire de Samson sur une toile de seize mètres de long, il ne voulut jamais lui donner plus de 10 thalers; le tableau, par conséquent, lui revint à un peu plus de deux tiers de thaler le mètre.
' V. Weber, Anna von Sachsen, p. 337. Dans des portraits de ce prix, il semble, à coup sftr, (Ulficilc de découvrir ce que van Eye (Eggers. p. 227) prétend y remarquer à dater de la seconde moitié du seizième siècle. « Ils montrent bien, » dit-il, « que pendant cette période les alTaires publiques ne donnaient pas assez de soucis aux gouvernants, pour qu'ils eussent à s'en préoccuper outre mesure, n
ä Jahrbach für Müncher%er Gesch., t. I, p. 34. Les notes de v. Hormayr (Taschenbuch, nouvelles suites, t. XIV. p. 179-190) donnent le nombre de portraits peints par Ham Scliöpfer pour la cour de Bavière, de 1358 àl579. « En 1360, Schopferpeignit onze portraits représentant le duc. la duchesse, puis les princes et les princesses, le tout pour 190 florins. En 1578, il reçut pour six portraits 65 florins. »
3 HiRN, t. Il, p. 431-435.
* Ibid., t. I, p. 379-380.