‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 377 sur 573 · GRAVURE SUR CUIVRE ET SIR BOIS · texte numérisé non relu

GRAVURE SUR CUIVRE ET SIR BOIS

étonnantes de perfection technique, mais, en général, dun sentimentalisme prétentieux, vide et faux ' .

Antoine de Worms, l'un des artistes les plus féconds de la première moitié du siècle, donne, en l'espace de douze ans, plus de mille dessins aux graveurs, et maintient encore avec une certaine fermeté les traditions de l'ancien art-. Dans la seconde moitié du siècle, Virgile Solis, de Nuremberg, Tobie Stimmer, de Schafîhouse. et Jost Amman^ de Zurich, se font remarquer par leur inépuisable fécondité. Cultivant à la fois diverses branches de l'art, Solis gravait à leau-forte aussi bien que sur cuivre et sur bois; il était aussi peintre enlumineur. On lit ces vers au-dessous de lun de ses portraits :

(Jui pourrait se comparer à moi?

Je peins, j'enlumine, je dessine, Je grave à leau-forte et sur cuivre!

N'ai-je pas le droit de signer SoHs-^?

Georges Keller, élève d"Amman, disait de son maître qu'en quatre ans. il avait composé un si grand nombre de dessins qu'on aurait pu en emplir une énorme charrette*. Stimmer a laissé environ 1,300 dessins, parmi lesquels 300 portraits de savants ou personnalités remarquables de son temps ■'. Mais chez tous ces artistes, l'idée manque de profondeur; partout elle est sacrifiée à la rapidité de l'exécution; ni la composition ni le dessin n'en sont soignés.

Comme au moyen âge, les frontispices, les lettres majuscules

' « La Chute de l'homme. Premier fralricide, Adam et Eve près du cadavre d'Abel, sont de rebutants exemples de cette affectation, de ce goût faux depuis peu introduit dans l'art par Lucas de Leyden » (Woltmann. Malerei, t. II, p. 534).

- Voy. plus haut, p. 77, note 2 : Bctsch, t. I, p. 53-54.

^ Mittheilungen der Kaiserl. Centralcommission, t. V, p. 144.

* Waldau, Vermischte Beilnicje, t. III, p. 305 et suiv. « A dater de 1564, en l'espace de vingt-quatre ans, Amman illustra pour le libraire Sigismond Feycrrabend, de Francfort, une telle quantité d'ouvrages qu'il est à peine croyable qu'un éditeur ait été en mesure d'en publier un si grand nombre. L'idée de réunir en un seul recueil les dessins les plus goûtés du maître, prouve que les gravures sur bois étaient alors très appréciées, même lorsqu'elles étaient séparées d'un texte. » Le Manuel d'art, d'Amman, dans l'édition augmentée de 1599. n'en contient pas moins de deux cent quatre-vingt-seize (G. Becker. Jobst Amman, Zeichner und Formschneider, Kupferàtzer und Stecher Leipsick. 1854; voy. p. v et suiv.). . 5 Voy. Andresen. t. II. p. 7-217; Steller. p. 702-703. La Prosopographia heroum atqne illustriiun virornm totius Germania', publiée à Bàle par le médecin Henri Pantaléon (1565-1 566), mérite d'être mentionnée à titre de curiosité. On y voit d'abord •< Adam protoplastus », ensuite Noé. « qui et Jaiuis dicitur » et aussitôt après le « Tuisco Germanorum conditor ». Le Sauveur est placé entre Hrii;h, roi de Suède et de Gothie, et le roi des Vandales Strumiko (Pars I, p. 91-95). Ce qu'il y a de plus curieux, ce sont les prosopa. Au commencement de chaque biographie, on voit le buste du héros; mais il n'est pas rare que le même dessin serve à représenter dix personnages, quelquefois plus. Ainsi par exemple, le buste du provincial des Carmes. Jean Mcyer, est tout semblable à celui de Zamaloïs, philosophe et professeur de théologie avant l'ère chrétienne. « Iléligaste, prêtre des Sicambres, a les mêmes traits que le professeur de théologie de Cologne, Mathias Aquensis et que Rodolphe Agricola. »

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