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DÉCADENCE DE L'ART DANS LE TRAITEMENT DES SUJETS

d'ailleurs, que les artistes aient jamais eu la pensée dédifier leurs contemporains. Au lieu d'inspirer un salutaire effroi et de toucher le cœur, ils excitent le déguùt;, ils abaissent jusqu'au ridicule l'idée de cette divine Justice qui gouverne tout, et à laquelle tout est soumis.

Si jusque dans l'art religieux le réalisme et le naturalisrne se donnaient ainsi libre carrière, si l'on recherchait avec prédilection dans la sainte Écriture les scènes les plus réalistes ou les plus capables d'inspirer l'épouvante, on allait naturellement bien au delà, quand il s'agissait de peindre la vie de tous les jours.

Les artistes d'autrefois, eux aussi, avaient reproduit avec bonhomie, avec entrain et gaîté les scènes variées de la vie populaire et domestique'. Une observation fine, un enjouement aimable, souvent aussi, il faut le reconnaître, une gaîté quelque peu grossière, se font jour dans leurs compositions; mais ils ont un tout autre esprit que la plupart des maîtres de grand talent qui retracent les mœurs populaires, à partir de la seconde moitié du seizième siècle et jusqu'à la guerre de Trente ans.

Gomme chez les Grecs, à 1 époque de la décadence des arts*, il y eut alors en Allemngne trois soi-les de peintures de genre : la peinture de boutique, la peinture de boue, et la peinture pornographique.

Le grossier, l'immoral, l'horrible, l'impudique ne devaient plus seulement, comme autrefois, occuper dans l'art une place secondaire, servir de repoussoir aux viriles pensées, aux nobles aspirations : on les recherchait pour eux-mêmes, on les jugeait dignes d'inspirer les artistes. Un tel art n'était pas fait pour idéaliser la vie réelle, pour inspirer le goût des plaisirs honnêtes et du bonheur tranquille; trop souvent il se faisait le complice des instincts les plus bas de l'humanité. De temps en temps, il est vrai, il arrive encore aux artistes de retracer, avec charme et poésie, la vie et les mœurs des gens de bien; mais le plus souvent ils se complaisent dans l'ignoble, et représentent de préférence la vie folle et dissolue de leur temps. Dans leurs noces villageoises, leurs kermesses, ils aiment à repro-

' \'oy. plus haut, p. 59 et 60.

- RiYius, p. 443.

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