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MOEURS DES ARTISTES

mies, etc., aussi bien que dans ses caricatures sur le Pape', tombe plus que tout autre artiste de son temps dans l'ignoble et le bas. Vieillard de soixante-quatorze anS;, il donne encore la triste preuve de ses goûts licencieux dans sa Fontaine de Jouvence*.

Ces tendances étaient en complète contradiction non seulement avec la morale de l'Ancien et du Nouveau Testament^, mais encore avec les idées et les chefs-d'œuvre antiques. Elles faisaient revivre la corruption de Rome et d'Athènes au temps de leur décadence \

Les mœurs de la plupart des artistes de cette époque expliquent leurs œuvres. Déjà Hans Holbein avait donné les déplorables exemples*.

ßeliam, Lützow écrit (Gesch. der deutschen Kunst, t. IV, p. 250-206) : « L'imagination de l'artiste alterne entre des compositions glaciales et des nudités obscènes. Il se peut que le goût grossier du temps ait encouragé de pareilles tendances : mais Hans Sebald se l'est assimilé avec le plus grand empressement. Non seulement toutes les variations possibles de la table de Vénus lui fournissent ses thèmes favoris, mais il se complaît dans des scènes d'un naturalisme abject, comme par exemple dans la Nuit (153); ici le nu est traité avec une complaisance marquée et la plus minutieuse exactitude. » Sur Altdorfer, voy. la monographie de Max Friedlander, Albrecht Alldörfer, der Maler von Regensburg, Leipsick, 1891.

' Voy. plus haut, p. 20.

' Sur une certaine Anne qui servait de modèle à l'artiste, il existe une épigramme latine avec diverses variantes; beaucoup de ces variantes peuvent à peine être citées. La plus innocente est peut-être celle-ci :

Anna venusta vocor, utque est versatile nomen.

Sic corpus poterat vertere quisque mecum.

On les trouvera à la Bibliothèque de Wolfenbuttel (Wessily, p. 63). La plupart des Vénus de Cranach étaient des portraits (Schuchardt, t. I, p. 6, 7). L'Électeur de Saxe commandait parfois à Cranach des « dessins d'une extrême indécence» (Voy. Schuchardt, t. I, p. 123). En 1543, Cranach peint par son ordre une Lucrèce qui lui est payée un lloric, et une plus petite Lucrèce pour laquelle il t'U reçoit quatre. L'année suivante il touche six llorins pour une Vénus et une Lucrèce (Schuchardt, t. I, p. 166, 181). En 1525, il place cette sentence au bas d'une gravure représentant Lucrèce : « 0 Lucrèce, béni soit ton honneur! Désormais, personne ne se donnera la mort pour te venger >■ (Lindau, Cranach, p. 224-225; voy. p. 239-237; voy. dans Schuchardt, t. Ill, p. 145, ce qu'il dit du Vieux viveur contemplant le portrait en pied d'une fdle publique). « Le dessin est d'une saisissante vérité. » Parlant de la Fontaine de Jouvence, Woltmann regarde « l'humour lascive de Cranach, qui semble procéder très innocemment et cependant ne dédaigne pas la lubricité », comme le Irait caractéristique de son talent (Woltmann, Holbein, t. I, p. 223). « Au sujet des dessins de Cranach sur Judith (il l'a représentée en pied, entièrement nue, enveloppée dans un voile transparent, Janit check dit (Gesch. der deutschen Kunst, t. III, p. 497) : « Ce n'était pas une mince difficulté pour l'artiste de représenter une femme aux formes assez séduisantes pour charmer les yeux du prince et dont l'allure n'eût pourtant rien qui, dans un sujet biblique, pût offenser la décence chrétienne. «

^ Voy. plus haut, p. 59 et suiv.

* Voy. plus haut, p. 20.

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