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reposer. » A Tage de soixante-quatorze ans, il dédia sa dernière œuvre, les Larmes de saint Pierre^ au Pape Clément VIII : i J'ai composé ce morceau, » écrivait-il au Saint-Père, « pénétré dune particulière vénération pour Votre Sainteté. » Trois semaines plus tard, il terminait sa noble existence après avoir ordonné, « en perpétuelle mémoire de lui et de ses héritiers, pour la consolation et le salut de son âme et des leurs, qu'à l'hôpital du Saint-Esprit, à Munich, le dimanche après la Saint-Michel, on distribuerait une aumône annuelle à tous les pauvres ; et que dans l'église de Saint- Jean-Baptiste, à Geising, une grand "messe et deux messes basses seraient célébrées à perpétuité pour le salut de son âme. » En toutes choses, dans l'art comme dans la vie. il resta toujours inviolablement attaché à l'esprit, aux traditions du moyen âge, et dans d'impérissables chefs-d'œuvre, il a légué à la postérité ce sens artistique allemand-flamand, alors encore respecté et obéi, que les peuples romans s'étaient si complètement assimilé '.
Son illustre contemporain Palestrina était mort quatre mois avant lui. Ces deux maîtres ont donné à la musique d'église une ampleur, une majesté incomparables. Tous deux ont été des réformateurs dans le vrai sens du mot. Pleins de respect pour la tradition, jamais ils ne touchèrent à l'organisme même de l'art ; pénétrant dans ses plus intimes profondeurs, ils n'ont fait qu'ennoblir, que développer les principes fondamentaux en les idéalisant. Aussi ont-ils été les modèles de tous les grands maîtres qui les ont suivis.
Arnold de Brück, doyen de la collégiale de Laybach et maître de chapelle à Vienne (f 1545). Léonard Pamminger, professeur à l'école Saint-Thomas de Passau (1567), sont des compositeurs de second ordre; cependant ils ont laissé quelques œuvres remarquables. Le premier se distingua particulièrement par ses cantiques allemands, d'un sentiment religieux sincère et tendre. Il a cherché à rendre la profonde douleur que lui causait la scission religieuse dans une prière à six voix, composée en l'honneur de la Sainte Trinité : Sur les paroles du vieux cantique allemand : Qu'as-tu fait; malheureux Judas? il a composé un chant à six voix de la plus grande beauté -. Pamminger disposa pour plusieurs voix presque tous les offices de
' Pour plus de détails voy. BAVMKER,Orlandus de Lassus, der letze grosse Meister der niederländischen Tonschule, Fribourg, 1878. Voj'. Ambros, t. III, p. 351 et suiv. (2« éd., 1881, p. .334 et suiv.); N.xumanx. t. I, p. 336-369; Küstlix, Gesch. der Musik., p. 132-135. F.-G. Haberl, dans sou Annuaire de musique religieuse pour 1891, donne d'intéressants extraits de la correspondance d'Orlando di Lasso avec le prince (plus tard due) Guillaume IV de Bavière. Il est à regretter que l'auteur n'ait cru devoir communiquer que les passages intéressant particulièrement l"\istoire de la musique.
* Ambros, t. III, p. 401-403 (2« éd., p. 413 et suiv.): B.ïumker, Kirchenlied, t. III, p. 349.