‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 406 sur 573 · LUTHER ET LE CHANT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

LUTHER ET LE CHANT RELIGIEUX

Il invente mille pratiques idolâtres,

Il outrage honteusement le Christ!

Son exécrable hypocrisie

Abuse le genre humain!...

Il s'est mis à la place de Dieu,

11 s'est laissé adorer,

Il va jusqu'à fouler aux pieds

La passion, le sang et la mort du Sauveur ' !

En 4566;, il écrivit pour six voix le célèbre « Cantique des enfants » composé par Luther^ et dont la première strophe devint si populaire :

Maintiens-nous. Seigneur, dans ta sainte parole, Et confonds l'homicide du Turc et du Pape, Tous deux veulent renver.ser le trône De Jésus-Christ, ton fils bien-aimé -.

Luther fut toute sa vie l'ardent promoteur du chant religieux; il avait étudié la musique^ il l'aimait passionnément. Grand appréciateur de mélodies polyphones, il se plaisait à chanter des hymnes et des cantiques. A diverses époques de sa vie, il a dit: - J'ai toujours aimé la musique; je ne donnerais pas pour beaucoup le peu de musique que je possède. Je suis tout à fuit d'avis, et je ne me gêne pas pour le dire bien haut;, (ju'aucun art ne peut lui être comparé. La musique, d'après la théologie, nous donne ce qu'en dehors de la théologie elle seule peut nous procurer : la paix et la joie du cœur. La musique est presque une discipline, c'est une maîtresse de morale; elle nous rend plus affables et plus doux, plus purs de mœurs et plus sensés. Elle chasse l'esprit de tristesse, comme on le voit par l'histoire du roi Saiil. Il importe donc extrêmement d'exercer la jeunesse dans cet art excellent^ car il civilise les hommes, il les rend plus délicats, plus déliés. Il est absolument nécessaire de l'enseigner dans les écoles; le maître doit savoir chanter; sans cela, je ne le connais pas'. »

Luiaer avait une prédilection marquée pour les vieux cantiques allemands, et ne se lassait pas de les louer : « Du temps du papisme, » lit-on dans un de ses sermons, « on chantait de beaux cantiques; par exemple : Jésus a détruit Pen fer et vaincu le démon: ou encore :

' Wackerxagel, Kirchenlied, t. III, p. 192-197. Pour plus de détails, voy. aussi t. I, p. 777, n" .'îSe. Le cantique a été composé en 1364.

-Voy. sur Walther H. Holstei.n, Arcltiv für LiUeraturgesch., t. XII, p. 184

^ Pour plus de détails, voy. B.iuMKER, ro?ifc«)is<, 138-142. Mélanchthon. lui aussi, recommande expressément aux instituteurs, dans son règlement scolaire (Wittenberg, 1528), d'apporter une grande attention à renseignement du chant. Voy. A. Prüfer, Untersuchungen über den ausserkischlichen Kunstgesang in den Evangelischen Schulen des sechzelmten Jahrhunderis, Leipsick, 1890.

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