‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 407 sur 573 · Î40 LUTHER ET LE CHANT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

Î40 LUTHER ET LE CHANT RELIGIEUX

Le Christ est ressuscité le premier d'entre les mai'tyrs. Oh ! comme on les chantait de bon cœur! A Noël, on chantait : Un petit enfant nous est né; à la Pentecôte : Prions ensemble le Saint-Esprit. Pendant la messe, on entonnait le beau cantique : Dieu soit loué et béni. Lui-même qui donne la nourriture à ses enfants '. » Luther prit toujours grand plaisir aux simples mélodies chantées par le peuple dans les églises, ce qui ne l'empêchait pas de goûter des chants plus savants. Il avait fondé une société chorale dont les séances se tenaient dans sa propre maison : on y chantait des motets de Joquin, de Senfl, et d'autres maîtres catholiques. En fixant le chant religieux pour les paroisses qui adhéraient à la nouvelle confession de foi, il fit tout pour y maintenir et pour y utiliser l'ancienne musique polyphone, et sut tirer parti, avec beaucoup de goût et de talent, des mélodies des anciens jours. Il est aujourd'hui démontré qu'il n'a jamais composé un seul cantique; nulle part dans ses écrits, il ne s'en est attribué aucun-.

Au moyen âge. le chant d'église allemand avait pris une telle extension qu'à peine si l'on vit plus tard se renouveler pareil épanouissement. Nous possédons plus de cent cantiques vraiment admirables datant de cette époque; ils nous ravissent encore, tantôt par leur grâce délicate, tantôt par leur gravité religieuse, tantôt par leur joyeux enthousiasme, leur tendre et na'ive ferveur'. Parmi les

' Sammtl. Werke, t. V, p. 23.

^Plus de cinquanLe ans après la mort de Luther, Cetlms Calvisius lui attribuait encore cent trente-sept cantiques, et, d'une manière implicite, une grande partie de leurs mélodies. Plus tard ce chiure diminua dans une proportion curieuse : avant que n'eût paru l'ouvrage de Rambach sur Luther et le chant d'église, on n'attribuait déjà plus que trente-deux mélodies au réformateur. Rambacli lui-même ne cite comme étant certainement de lui que vingt-quatre mélodies. Koch (Geschichle des Kirchenleides, 1852) n'en cite plus que neuf. Reissmann, dans le second volume de son histoire de la musique, que huit, dont trois certains et cinq douteux. Schilling (Universal Lexicon) lui en attribue encore si.\ ; Winterfeld ainsi que Mendel (Musikalische Conversalionslexicon), trois; Koder, dans le Luthercodex, publié en ISTI, ne reconnaît plus comme lui appartenant tpie l'ancien cantique de combat : Eine feste Burg, ei plus tard, en 1877, dans son introduction au livre de cantiques de Jean WaltliiT, le plus ancien recueil du Wurtemberg, il attribue ce même cantique à Walther lui-même (Naum.^.nn, t. I, p. 417). Pour s'assurer que ce « chant de combat » n'est pas un héritage du passé, voy. B.iuMKER, Kirchenlied, t. I, p. 22-26 et suiv., et l'article du même auteur contre A. Thurlings (voy. Bell, zur Allgemeine Zeitung, 1887, p. 86); Zuyn Streit über dei Entstehung der Luthermelodie, dans le Monatshefs für Musik-ge^^ch, 1887, n° 5, p. 73-77. Voy. Lilie.nkro.n, Zeitschrift für vergleichende Litleralorgeschichte und Renaissance Litteratur, de Koch et Geiger, nouvelle suite, t. I, p. 147 et suiv. Voy. encore Philippe W.^lfram, Die Entstellung und erste Entwicklung des deutschen evangelischen Kirchenliedes in 7nusikalischer Beziehung, Leipsick, 1890, p. 72 et suiv.

' Sur l'ancien chant d'église allemand et sur son emploi dans le service divin, voy. notre premier volume, p. 249-250; W. R.a.umker, Niederländische geistliche Lieder, nebst ihren Singveisen aus Handschriften des fünfzehnten lahrhunderts, Vurteljahrsschrift für Mus. Wissenschaft, i' année (1888), cahier II, p. 153-254.

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