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SALUTAIRE INFLUENCE DU CANTIQUE

des cantiques non seulement à l'église, mais pendant le travail, au foyer domestique, et les prêtres catholiques exprimaient souvent le même désir. Dans les préfaces des manuels de cantiques, les fidèles sont fréquemment avertis que ces chants pieux ont été réunis pour être en tout temps entre les mains de la jeunesse, que tous les bons chrétiens doivent en faire usage à la maison, dans les champs, dans les écoles aussi bien que pendant la messe, les catéchismes, les pèlerinageS;, en un mot, partout et toujours. Le recueil publié à Spire, en 1599, insiste surtout pour que les anciens cantiques catholiques soient chantés par les élèves des écoles latines et allemandes, par les fidèles avant et après le catéchisme, la prédication, pendant et après la messe, le chemin de la croix et les pèlerinages, et aussi à la maison, pendant les travaux des champs, pendant le travail manuel, aux différentes époques de l'année chrétienne, « afin que Dieu soit loué et béni par les jeunes gens et par les vieillards; que les chansons profanes et scandaleuses, en usage en ce monde pervers et si préjudiciables à la jeunesse, soient entièrement bannies et rejetées. » « Les chrétiens de tout âge sont invités à s'aider de ces cantiques pour offrir à Dieu leurs louanges et leurs hommages, et à les chanter de leur mieux, car rien ne sera plus capable de nourrir leur piété. » Le manuel de cantiques d' Andernach, publié en 1608, est précédé de cette exhortation : « Plût à Dieu que les parents vraiment chrétiens s'imposassent quelcjues sacrifices pour conduire souvent leurs enfants à l'église et au catéchisme ! Plût à Dieu qu'à la prière, à la récitation du catéchisme, ils ajoutassent l'étude attentive de ces cantiques spirituels qui secondent si bien la piété ! Que les parents sont heureux, lorsqu ils entendent tomber des lèvres de leurs enfants ce nom de Jésus, plus doux que le miel, puisqu'en général ce qui commence au nom de Dieu finit aussi au nom de Dieu ! Heureux les enfants qui ont appris, sur les genoux de leur mère, à balbutier les noms de Jésus et de Marie ! Oh ! qu'heureuse sera leur destinée ! Car un jour la douce Mère de Dieu les présentera elle-même à son Fils avec une tendresse infinie ' ! »

Citons, parmi les auteurs de cantiques catholiques ou de traductions de psaumes et d'hymnes, Georges Wizel, Gaspard Querhammer, Christophe Swehr, Jean Haym, Gaspard Ulenberg, Rudgerus Edingius. Un grand nombre de très beaux cantiques ont pour auteurs des poètes inconnus-.

Parmi ces derniers, citons, par exemple, le cantique à la Vierge qui se termine par ces paroles :

' Voy. ces pieux conseils et d'autres analogues dans B.ïumker, Kirchenlied, 1. 1, p. 193, 195,196,202. Yoy.p.231 et t. II, p. 56, 58, 62. ' "Voy. ces cantiques catholiques dans Wackernagel, t. V, p. 888-1361.

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