NOUVEAUX CANTIQUES CATHOLIQUES
De toute angoisse, sauve-nous à l'heure suprême!
Oh! ne nous laisse pas périr!
Préserve-nous du tourment de l'enfer,
Assiste-nous à nos derniers instants!
Sois-nous propice, et que ton Fils.
Dieu et homme à la fois,
Nous sauve du dernier naufrage!
Nourris-nous de son céleste Pain,
Afin que nous obtenions miséricorde '.
Le cantique de trente-cinq strophes composé en 1533 par J. Soder, respire la plus tendre piété :
La Vierge est au-dessus de tous les anges.
Elle les surpasse en grâce, en puissance, en beauté!
Nul ne saurait comprendre
La douceur de ce salut béni
Que l'ange lui adressa de la part de Dieu!
Marie, joie des pauvres pécheurs,
0 Mère de miséricorde.
Ne me sépare pas des élus,
Obtiens de ton divin Enfant
Que mon péché soit effacé!
Prouve-moi que tu es fidèle!
Jésus, mon Dieu et mon Sauveur,
Toi qui seul peux me secourir,
Toi qui jadis honoras ta sainte Mère,
Écoute la prière qu'elle t'adresse pour nous.
Seul espoir de notre misère ^ !
On chercherait en vain, dans ces cantiques et dans tous ceux qui sont venus jusqu'à nous, la trace d'une confiance excessive en l'intercession de Marie, ou portant quelque atteinte à la suprême gloire de Dieu. 11 en est de même des cantiques si nombreux composés en l'honneur des saints. Tous ont le même sens que l'hymne à tous les saints de Gaspard Querhammer :
Nous vous en supplions, obtenez-nous la grâce
De parvenir au royaume du ciel !
Demain, quand la mort s'approchera,
Intercédez pour nous!
Que Dieu nous fasse grâce dans sa bonté!
Qu'il daigne nous épargner,
Que nous ne soyons pas séparés de lui pour jamais!
Dans les innombrables cantiques de cette époque^, surtout dans ceux qui se rapportent à la naissance, à la vie, aux souffrances et à la mort du Sauveur, la même pensée domine, et tous la répètent :
' Wackernagel, t. V, p. 1093-1094.
-Voyez-en le titre complet dans Bähmker, t. H, p. 74, n" 186; il a été reproduit par Wackernagel, t. V, p. 1283-1285. Voy. Kehrein, t. II, p. 55-60,