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NOUVELLES FOT.MES DE CHANSONS

En même temps, le goût de l'époquerecherchait les vers précieux, qiiintessenciés. alors de mode à l'étranger; les « douceurs amoureuses », les pastorales, où souvent le plus bizarre mélange de mots empruntés à toutes les langues de l'Europe étonnait Toreille. La guerre de Trente ans répandait déjà répouvante dans toute lAllemagne que le directeur de musique de Leipsick. Jean Hermann Schein, croyait encore plaire à son public en lui faisant entendre de fades chansons sur Philis et Amirillys, sur l'Amour aux mille ruses, sur les douceurs goûtées au sein de la nature, toutes écrites dans le style le plus précieux.

A côté de ces chants prétentieux, on voit se produire une foule de « nouveautés rimées ' » se rapportant soit à la vie civile, soit à la vie du foyer ; des vers sur la médecine, sur l'agronomie, à Tusage des paysans; sur Thygiène; sur l'art de prévoir le temps : sur lameublement. Tachât des- ustensiles de ménage, la manière de soigner les chevaux, etc. -.

Les innombrables pièces de vers célébrant des événements de famille, témoignent de l'aridité et du plat réalisme de la poésie populaire.

Un prince ou quelque grand personnage venait-il à mourir, la muse des « poètes de circonstance » prenait assez fréquemment l'accent d'une douleur .sublime, sans égaler toutefois l'emphase du prédicant Jean Strack, ordonnant à la nature entière de témoigner sa douleur, lorsque vint à mourir l'Electeur palatin Jean-Casimir :

' Voy. A. LfBBEX. Zeilsclir. fiir deutsche Philologie, t. XV, p. 48-65. Hoffmann von FaJlersleben, qui dans le Weimarer Jahrbucli (t. III, p. 126 et suiv.) fait remonter à tort ce quolibet à l'année 16ÎÎ0, se montre tristement étonné qu'à l'époque sinistre et sombre où la guerre de Trente ans éclatait, de pareilles chansons aient été composées (Voy. Lübbex, p. 49).

- Voy. Gervixcs, t. II, p. 280 et suiv., 382, 401-402. « Les luttes sans cesse renouvelées de la vie réelle firent tomber la poésie dans un si profond abaissement qu'elle sembla près de périr. Dans toutes les classes de la société, on se mêlait de rimer, on mettait en vers les incidents les plus vulgaires, les plus plats, les plus grossières réalités, les faits historiques les plus insignifiants. On alla jusqu'à composer des poèmes insipides sur des questions théologiques, bien que ces sujets se prétassent aussi peu quo possible à la poésie. Les moindres événements étaient traités avec une risible solennité. Citons par e.\emple la description en vers d'un tir à l'arquebuse qui en 1556 réunit à Ulm un grand nombre de gentilsliommes. Elle débute ainsi: Dieu éternel.

Du haut de ton trône, Je t'en supplie Jette un regard sur moi !

Envoie-moi ton Saint-Esprit, Lui seul enseigne toute vérité, toute sagesse ! Fais-moi part aussi de ta divine grâce : Sans toi. nul ne peut rien faire de louable, Accorde-moi de niacquilter dignement de ma tâche! >

Voy. ScHEiBLE, Schaltjahr, t. IV. p. 341.

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