POESIE DES COURS PRINCIKRES
11 se fait une très haute idée de sa mission. « Certainement^ » écritil dans sa préface, « celui-là avait raison qui faisait dire aux poètes : « L'Éternel est avec nous^ nous sondons les secrets de l'Empyrée. » Je ne doute pas que bien des censeurs grossiers et stupides ne se rient de moi, et méprisent mes vers, qui pourtant m'ont coûté tant d'efforts et de labeur; je suis certain qu'ils me tiendront presque pour un idolâtre, pour un païen; mais je me soucie fort peu de leurs critiques, car aux purs, tout est pur, mais aux impurs, tout est impur. D'autre part, je ne doute pas non plus que de tous les poètes savants, amateurs de passe-temps honnêtes et vertueux, je n'obtienne gloire et honneur. » Le dieu des dieux, le grand Jupiter, était à la vérité (le poète l'avoue dans une des nombreuses notes marginales dont il éclaire son texte) un franc libertin; pourtant il lui avait paru convenable de le faire intervenir, ainsi que tous les dieux et déesses de lOlympe, et de lui faire avouer hautement sa prédilection pour la Maison de Wurtemberg. Diane lui voulait aussi du bien, et voici le langage qu'elle tient à Jupiter à son sujet :
0 Dieu magnifique, père très doux, très clément,
Tu sais que j'ai toujours aimé,
Que j'ai en continuel souci
L'illustre maison de Wurtemberg !
Elle chérit mon noble plaisir,
En toute saison, nuit et jour;
Elle chasse en mon honneur,
Et je l'ai prise sous ma protection.
Diane apparaît au comte Ulrich, après avoir dit en confidence à Minerve :
Plutôt qu'abandonner le Wurtemberg.
Je consentirais à venir sur la terre et! à naître d'une mortelle;
Et tu sais qu'à une pareille humiliation,
Je préférerais cent fois la mort !
Les dieux promettent ensuite Tun après l'autre de contribuer, chacun à sa manière, à la gloire de la noble maison ; Junon lui donnera des épouses chastes, des enfants dociles; Jupiter envoie Mercure à la Diète de Worms, où Eberhard VI doit recevoir la couronne ducale... mais, dévorées par l'envie, les furies arrachent à Lucine la promesse quelle refusera au duc toute postérité '.
' P. 101, 105, 106, 129, 133^ 145^ « Bientôt, « disait tristement le sui iilcndant de Meissen, Strigenicus. dans son sermon sur Jonas (p. 50^), « on ne l'-ra plus paraître un seul poème sans que les dieux et les déesses du paganisme. .Vpollon, Phébus ou les Muses, n'aient d'abord été invoqués. ><