‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 437 sur 573 · SATIRES CONTIIE LES MOEURS · texte numérisé non relu

SATIRES CONTIIE LES MOEURS

accumulent, la neige, la pluie y descendent, y séjournent; aussi tout se détériore, tout s'écroule. Personne ne prend à cœur l'œuvre de Dieu! Personne ne s'inquiète de soutenir la chaire de vérité, l'Eglise et l'école) » « Tout au contraire, on attaque, on pille les anciennes fondations : ce que nos pieux ancêtres avaient fondé pour le culte divin, ce ({u'ils avaient payé de leurs sueurs et de leur sang, ce qu'ils avaient si libéralement prodigué, nos seigneurs, grands et petits, s'en emparent; ils se partagent ce qui n'est point à eux, et n'en rendent pas la moindre parcelle. Malheur, malheur dans votre corps et dans votre âme. à vous qui vous emparez ainsi du bien fondé et qui, tout gorgés de richesses que vous êtes, ne pensez pas à bâtir un hôpital, des écoles grandes et petites, où les enfants des pauvres puissent recevoir une bonne éducation et s'instruire de l'Évangile t Malheur à vous qui n'employez l'argent dérobé qu'à la satisfaction de vos aises, et qui sautez comme des cabris dans la robe du Christ! »

Menaçant les injustes détenteurs du bien d'Eglise des châtiments divins, Ringwalt ajoutait :

t N'en doutez pas, le bien dérobé deviendra un fléau pour vous et les vôtres ! Aucune de vos entreprises ne réussira, en quelque lieu que vous vous transportiez; et lorsque vous vous y attendrez le moins, un beau jour, tout chargés de péchés, vous disparaîtrez de la terre ! Quand on met une plume d'aigle au milieu d'autres plumes, on dit qu'elle les dévore, qu'elle les ronge plus sûrement que des mites : ainsi le bien d'Église, injustement acquis, cause la ruine du maître inique qui le détient : la race et les biens du sacrilège périront ' ! »

Ringwalt donne aussi de fort bons conseils à ses confrères les prédicants.

« Gardez-vous bien de mêler inconsidérément à vos sermons, vos ressentiments, vos soupçons sans preuve, vos griefs personnels; car celui qui se plaît à injurier perd l'estime et la faveur de son peuple, et bientôt il se tourne contre lui, parce qu'il est las de toutes ses fureurs. Donc, prenez-y garde, ne vous servez pas de paroles outrageantes, de reproches rudes et amers; n'appelez pas votre adversaire brigand, scélérat, gibier de potence, tison d'enfer, car un tel langage vous est défendu. Si quelque injustice vous a été faite, ne cherchez pas à vous en venger; ne déversez pas sur votre adversaire les injures, les malédictions; ne l'envoyez pas en enfer avec des gestes de forcené ; souvent, on blesse ainsi très gravement le prochain, on lui brise le cœur. «

Ailleurs il dit, s'adressant encore aux prédicants :

1 Die lauter Wahrheit, 1588. p. 317-322.

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