‹ L'Allemagne et la réforme (volume 5)Chapitre 443 sur 573 · i FI S CHART ET LA PEFiSÉCUTION DES SORCIÈRES · texte numérisé non relu

i FI S CHART ET LA PEFiSÉCUTION DES SORCIÈRES

un seul de puni. » Il ajoutait : « Pour les convaincre de crime, il n"est pas nécessaire d'avoir en main des preuves positives ; une conjecture vraisemblable;, une présomption bien fondée doivent suffire pour leur condamnation et leur châtiment. Si, par exemple, on voit une personne soupçonnée de sorcellerie se rendre dans létable de son ennemi, et si Ton apprend, peu de temps après, que le bétail de cet ennemi commence à dépérir, il y aurait déjà là une forte présomption, assez forte pour que, sans autre preuve et de plus amples témoignages, cette personne fût punie par les verges, l'ablation d'un membre, la marque au fer rouge, la réclusion perpétuelle, une forte amende ou la confiscation des biens. »

Pour découvrir et punir sorcières et magiciens, Fiscbart engageait l'autorité à établir, dans chaque district, des commissaires spéciaux, chargés d'assister les juges réguliers dans leur « sainte besogne ». Ces commissaires ne devaient pas attendre qu'on vînt se plaindre à eux, mais, comme le voulaient leurs fonctions, prendre eux-mêmes des renseignements sur les personnes soupçonnées, « ce qui est peut-être le moyen le plus secret et le plus sûr de procéder, » disait Fischart. De plus, on devait amener les complices des sorcières à s'accuser les uns les autres, en promettant l'impunité au délateur, « sans avoir égard au droit commun, qui veut que ceux qui sont sous le coup de quelque prévention ne puissent être entendus comme plaignants. » Comme les sorcières se cachaient le plus ordinairement dans les villages, ou dans les faubourgs des villes, et que le peuple n'osait pas en général les dénoncer, il fallait, par un moyen pratique, arriver à découvrir l'abominable engeance et. par exemple, établir dans les églises, « selon la louable coutume des Écossais et des Milanais, » un tronc spécial. « De cette manière, chacun pourrait sans crainte jeter dans ce tronc un petit papier roulé où serait inscrit le nom du sorcier ou de la sorcière, avec le récit du fait qui lui est imputé, le nom du lieu du délit, l'époque et autres circonstances. Tous les quinze jours, ce tronc serait ouvert par le juge et le procureur, et l'on prendrait secrètement des informations sur les inculpés. »

« Un autre moyen très utile de découvrir les coupables serait de chercher à persuader et à décider, par des exhortations amicales, ceux qui n'osent ou ne veulent pas se plaindre. On pourrait aussi pénétrer dans les familles, et faire déposer les filles contre les mères, les fils contre les pères et vice versa, car il arrive fréquemment que les jeunes filles sont entraînées par leurs mères, et conduites par elles aux assemblées des sorciers. Il serait facile de décider ces jeunes filles à l'aveu en les assurant que tout leur sera pardonné parce qu'elles ont été séduites. En ce cas, on s'informera exacte-

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